Divine générosité –
L’épître et l’évangile que nous venons d’entendre transmettent le même message, celui de la générosité. L’exemple vient en premier lieu du Créateur qui fait à profusion exister des êtres de toute espèce et de toute forme. Son activité consiste à multiplier les êtres et à manifester ainsi l’amour qui est, selon le saint évangéliste Jean, son être même. Dieu donne sans compter : les poissons de la mer, que les apôtres récoltent à profusion, les oiseaux du ciel, les astres innombrables, les infinies particules de lumière forment un nombre illimité. La science des hommes poursuit sans se lasser le dénombrement des éléments, leur description et leur classement.
Gratification
Dans sa vocation à ressembler à son Seigneur et son Dieu, celui qui entend sa parole répond à l’appel d’une générosité sans frontières. Notre insatisfaction est grande lorsque nous constatons combien nous sommes loin d’accomplir tout le bien dont nous sommes pourtant capables ; combien nous sommes en-dessous de nos capacités à aimer. Notre péché ne se réduit pas au mal que nous faisons : il se voit au bien que nous ne faisons pas. Pourtant, il nous est promis une extraordinaire gratification. L’Apôtre le dit en ce jour : « Celui qui sème beaucoup récoltera beaucoup » ; et les apôtres, quand ils obéissent au Créateur, et lancent à nouveau leurs filets, voient ceux-ci se rompre sous le poids de leur pêche.
Le Royaume
La générosité ne se calcule pourtant pas seulement en fruits matériels. Suivant l’exemple du Créateur, elle se traduit en don de soi-même. Le Seigneur fait l’aumône, non seulement de son temps, de sa disponibilité, de sa patience, de son écoute, mais de soi-même. La belle générosité va jusqu’à l’offrande de soi dans un amour véritable pour le conjoint, pour l’ami, pour les enfants, pour les personnes que nous rencontrons. « Je donnerais ma vie pour toi », dit l’apôtre Pierre au Christ Dieu. Et celui-ci, le Seigneur, donne sa vie pour ses amis et pour ses ennemis. Ainsi se construit le Royaume, cette cité de l’oblation de soi par amour ; cette civilisation du sacrifice charismatique. Le Royaume advient quand règne, dans le quotidien lui-même, en famille, en paroisse, l’amour sans réserve : le bonheur et la joie de donner et de se donner.
La gratification
Le Royaume n’est pas seulement celui de l’aumône généreuse de soi-même ; il est l’espace incréé de la récolte abondante. Surabondante même est la grâce qui descend sur la personne qui offre, non seulement ses biens, non seulement son temps, mais son être même. L’Esprit saint, le Roi céleste et Consolateur, descend comme une vertigineuse rétribution, comme un déversement de joie charismatique. Les vrais disciples du Seigneur « récoltent beaucoup » ; ils sont riches des dons du saint Esprit, héritiers des biens célestes. C’est pourquoi, lorsqu’ils rendent généreusement leur vie au Créateur, personne ne les pleure et l’on se réjouit pour eux et pour tous les justes. On se réjouit du saint Seigneur Jésus Christ le Généreux, qui, par amour, traversa la mort pour apparaître les mains débordantes de vie.