« Gloire à ta divine résurrection, Seigneur Jésus, gloire à toi »         « Seigneur Jésus Christ notre Dieu, rends nous dignes du don du saint Esprit »      « Gloire à ta divine résurrection, Seigneur Jésus, gloire à toi »         « Seigneur Jésus Christ notre Dieu, rends nous dignes du don du saint Esprit »   

Quelle architecture pour notre future église ?

Χριστιανική_Ναοί_11

Partagez :

Le principe – 

L’architecture d’une église ou d’une maison dépend de l’usage que l’on veut en faire. Elle est ainsi générée par des facteurs précis. Pour une église, le premier facteur est théologique : le bâtiment exprime la théologie biblique et ecclésiale, l’union du ciel et de la terre. D’autres facteurs conduisent à la conception du bâtiment.

L’action

Le premier facteur est la célébration. L’édifice va se prêter à l’action qui s’y déroulera. Le cercle inscrit dans le carré permet de rassembler tous les membres du peuple royal : de quelque point où l’on se trouve, on pourra participer au déroulement de l’office et s’approcher du saint Evangile au moment de sa proclamation. Il sera facile de le vénérer. Il sera aisé également pour les processions (les deux entrées, la procession de la litie, celles du baptême et du couronnement) de se déployer jusqu’au fond de la nef pour revenir par le centre. L’espace, où les sièges seront le long des murs, sera favorable au gestuel ; on pourra jouir d’une certaine mobilité ; on pourra encenser facilement les images des saints ou des fêtes qui couvriront les murs. Les chantres pourront rester proches du Peuple qu’ils instruisent. Cet espace ramassé favorisera le chant responsorial, principe de la célébration liturgique. Il sera un havre de beauté : de la nef, on apercevra la lumière du monde qui vient et les gestes sublimes de la consécration des dons. Ce sera un espace transfiguré dans lequel se transfigure le temps.

La Parole

Le deuxième facteur est la propagation de la Parole. Une église est en quelque sorte le porte-voix de la Parole divine prononcée par la voix humaine. Celle-ci se fait entendre en des lieux précis du temple, ce que l’on sait des anciennes églises. Dans la conception des volumes et des proportions, des surfaces arrondies ou plates, on tiendra compte, grâce aux services d’un professionnel, des exigences de l’acoustique. S’il le faut, on réduira ou on augmentera des proportions pour que la Parole soit audible de façon naturelle. Cela favorisera l’écoute et la mémorisation des lectures et des versets prononcés par les chantres. Celui préside, évêque ou prêtre, pourra être intelligible même quand il est face à l’autel ; à plus forte raison, quand il se retourne, ce qu’il prononce sera compris par tous. L’espace sera calculé pour permettre le retour, suivant le précepte biblique (cf Isaïe 55, 10), de la parole prononcée. Le choix des matériaux pour les murs, le sol, les plafonds, les meubles et l’iconostase sera également décisif pour la qualité du son et l’intelligibilité des mots et de la phrase.

L’Image

Le troisième facteur, qui n’est pas le moindre, est la manifestation de l’Image : dans la conception traditionnelle du culte ecclésial, on le sait, la Parole et l’Image sont en constante correspondance. Dieu, par son Verbe, se fait entendre et se donne à voir (cf Jean 1, 1-10). L’architecture sera pensée de façon à offrir des surfaces qui porteront de façon éloquente les images du Verbe incarné, de la Mère de Dieu, de nombreux saints et des évènements fondamentaux du salut, par exemple les douze fêtes. Le programme iconographique reste encore à définir : il se déploiera aussi bien dans le sanctuaire que sur les parois de la nef ainsi que dans le narthex lui-même. En l’absence de célébration, l’image parlera en silence et les cœurs seront saisis par la beauté du Mystère.

Les icônes mobiles seront rangées ; elles seront présentées à la vénération le jour de la fête qu’elles expriment. Pour unir la nef au sanctuaire, le visible à l’invisible, l’iconostase, suivant le modèle de la plus ancienne église d’Athènes, pourrait être – mais on peut encore en discuter – un chancel de pierre claire porteur de grandes icônes du Christ et de la Mère de Dieu. A terme, toute l’église sera un livre d’images, comme on le voit dans les églises traditionnelles, en Roumanie, en Grèce ainsi qu’en France, par exemple à Saint-Savin-sur-Gartempe. Tu auras sous les yeux l’histoire du salut du monde.

L’architecture répond ainsi aux exigences de la célébration si elle associe aux volumes l’image, l’action et la parole. L’ensemble composera l’expression vivante et pédagogique de la vocation de l’homme depuis le Paradis jusqu’au monde qui vient. Il apportera à nos contemporains et à ceux qui viendront après eux le témoignage du monde transfiguré. (a.p. Marc-Antoine)

Je retiens : une église est conçue pour l’écoute de la Parole, la célébration et la vision de l’Image

(a.p. Marc-Antoine – 12/09/2026)
> iconostase de l’église Panagia Kapnikarea à Athènes

 

Derniers articles
Newsletter
Lettre d’information