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Le sacrifice liturgique

Le sacrifice du Christ

« Certes, le Christ ressuscité auquel nous nous unissons est également le Christ qui s’est sacrifié pour nous, se montrant par cela pur de tout égoïsme et nous fortifiant nous aussi en cela. Aussi, en nous unissant à lui, faut-il que nous nous montrions nous aussi purifiés de l’égoïsme, en tant que véritables sacrifices vivants, saints et agréables à Dieu (Rom. 12, 1). Et cela se voit dans l’amour concret pour nos semblables. C’est pourquoi Jésus appelle à l’héritage du Royaume de son Père ceux qui ont nourri les affamés, ont vêtu ceux qui étaient nus, ont rendu visite aux malades, etc. (Mat. 25, 35ss). Par cela nous avançons dans la communion entre nous et Dieu, communion qui est le Royaume de la sainte Trinité. Mais nous ne pourrions faire cela si nous ne nous unissions pas par la sainte Communion avec le Christ en état de sacrifice.

Transcender l’égoïsme

Ainsi, la sainte liturgie peut être considérée également comme le moyen par lequel les hommes se transcendent depuis la vie prisonnière qui est celle de l’égoïsme et du monde vers la vie de communication en Dieu, en tant que Royaume de Dieu. Les prières indiquent un tel acte de transcendance, de sortie de l’homme prisonnier, depuis l’égoïsme vers Dieu dans la Trinité, Dieu de l’amour. Ceci est vrai même lorsqu’on demande dans les prières des biens nécessaires à la vie terrestre, qui conditionnent légitimement la préparation au Royaume de Dieu. Car la conscience que ces biens nous sont donnés par Dieu, pour fortifier notre communion en lui, est elle-même un acte de transcendance ou une élévation depuis l’égoïsme fermé qui est celui du monde, vers Dieu Trinité, climat et source de communion.

La communion

Nous recevons donc cela au cours de la sainte liturgie : notre transcendance ou notre élévation au-dessus des intérêts égoïstes et charnels qui nous lient au monde, et notre union dans l’esprit de sacrifice avec le Christ et, par lui, avec le Père dans le saint Esprit. En nous rassemblant tous dans le climat de communion qui est celui de la sainte Trinité, nous affermissons la communion entre nous. C’est pourquoi nous demandons cela en commun, pour tous. Or la communion réalisée entre les fidèles dans le climat de la sainte Trinité fait un avec le Royaume de la sainte Trinité, dans lequel nous sommes, non plus soumis et dominés, mais tous frères les uns des autres, parce que fils du Père céleste et frères de son Fils fait homme pour les siècles et uni avec eux, Lui qui est Celui qui s’est sacrifié pour eux »

P. Dumitru Stàniloae, Spiritualité et communion dans la liturgie orthodoxe