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Les préoccupations nous éloignent-elles toujours de Dieu ?

« Écoute ceci ! Lorsqu’un enfant joue et qu’il est absorbé par ses jeux, il ne se rend pas compte que son père est auprès de lui et le caresse. Mais s’il cesse un instant de jouer, il s’en rendra compte. Il en est de même pour nous. Nos nombreuses préoccupations nous empêchent de prendre conscience de l’amour divin. Dieu nous donne son amour et nous ne nous en rendons pas compte ! Garde toi de gaspiller tes précieuses forces dans des préoccupations vaines et superflues, lesquelles ne seront un jour que poussière. Car tu te fatigues, ton esprit se disperse en vain, et tu n’as ensuite que fatigue et bâillements à offrir à Dieu durant la prière – comme le sacrifice de Caïn […]

Ne gaspillons pas vainement toute la substance de nos forces, le fruit de notre vigueur, en sorte qu’il ne nous reste que l’écorce pour Dieu ! Les soucis extraient toute la moelle du cœur et ne laissent rien pour le Christ. Si tu constates que ton esprit est constamment distrait et pris par le travail, tu dois prendre conscience que tu ne vas pas bien au plan spirituel et t’inquiéter de t’être éloigné de Dieu. Comprends que tu te trouves plus proche des choses matérielles que de Dieu, plus proche du créé que du Créateur.

[…] L’abondance de travail et des soucis fait que l’on oublie Dieu. Père Tikhon citait souvent cet exemple caractéristique : ‘Le Pharaon donnait beaucoup de travail et beaucoup de nourriture au peuple d’Israël, afin qu’il oublie Dieu’. À notre époque, le diable fait que les hommes soient absorbés dans la matière, dans les soucis : il leur donne beaucoup de travail, beaucoup de nourriture, afin qu’ils oublient Dieu et ne puissent (ou plutôt ne veuillent pas) bien utiliser leur liberté – qui leur a été donnée pour la sanctification de leur âme. Mais heureusement en résulte une chose non prévue par le diable : les hommes n’ont pas le temps de pécher autant qu’ils le voudraient !

[…] Diminuer nos nombreux travaux engendre tout naturellement le repos physique et la soif du travail spirituel, lequel, loin de fatiguer, repose au contraire. L’âme alors respire en abondance de l’oxygène spirituel. La fatigue due au travail spirituel ne lasse pas, mais délasse, car elle élève l’homme dans les hauteurs spirituelles, le fait approcher du Père de tendresse, et son âme exulte […] On peut laisser tomber certaines choses afin de donner la priorité à ce qui est spirituel »

(Père Païssios l’Athonite, Avec amour et douleur pour le monde contemporain, Monastère Saint-Jean-le-Théologien, Souroti/Thessalonique, 1998, p. 194).