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La peine de mort et les chrétiens : peut-on être plus précis ?

L’abolition

Le Christ a aboli la peine de mort parce qu’Il a accompli à la perfection son propre commandement (« tu ne tueras pas ») en choisissant, par amour pour ses ennemis, d’être tué plutôt que de tuer. La mise à mort, sauvage ou légale, est archaïque, par rapport aux temps nouveaux instaurés par le Dieu Homme et par la glorieuse descente de l’Esprit. La conscience chrétienne s’y oppose sans détour, non pour des motifs subjectifs, mais pour une raison dogmatique : l’Incarnation du Créateur, sa Passion et sa Résurrection, la manifestation de sa compassion divine à l’égard des pécheurs. Aucun chrétien digne de ce nom ne voudra être en contradiction avec le Christ.

L’archaïsme

L’exécution appartient à une civilisation du « bouc émissaire », de la victime de substitution. Les maux qui frappent la communauté sont censés être ainsi éloignés si on les concentre sur une seule victime propitiatoire (cf. Les animaux malades de la Peste, de La Fontaine). Des millions de nos frères juifs ont été exterminés sous prétexte de purifier l’humanité d’une race impure. Ou bien on croit que la sanction spectaculaire dissuadera les criminels possibles ; ou encore, que celui qui a commis un acte affreux n’est plus un homme : en le mettant à mort pour le bien prétendu de la société, ce ne serait plus un homme que l’on tue… Certains groupes humains sont encore incapables de faire l’économie de cette sanction, et, pour certaines personnes, le message et l’exemple du Christ ne veulent rien dire.

Les contradictions

La société civile n’est pas chrétienne. A notre connaissance, il n’y a pas de pays chrétien. La preuve en est que la peine de mort continue à être appliquée de façon légale dans un certain nombre d’États dont, par ailleurs, certains se réfèrent à la norme biblique ou même évangélique dans leurs propres constitutions. On sait que ce châtiment est souvent requis contre les fauteurs de crime contre l’humanité ; le chrétien sera toujours en contradiction avec le monde sur ce point et il agira pour que l’esprit de l’Évangile pénètre progressivement le monde et fasse triompher la non-violence du Verbe incarné. C’est le rôle d’associations qui militent courageusement, non seulement contre la peine de mort, mais contre la torture légale, odieux moyen de pression, qui tend à tuer non seulement le corps, mais l’âme et la conscience humaines. Mais que penser d’un pays qui, grâce à la lente influence chrétienne, s’honore aujourd’hui d’avoir aboli la peine de mort, mais qui tend à banaliser le suicide (peine de mort appliquée à soi), qui légalise (et rembourse) l’avortement, et, dans peu de temps, voudra légaliser l’euthanasie ? On dira peut-être que c’est différent…