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Journée mondiale contre la peine de mort

Mobilisation

Chaque année, à l’initiative de la Coalition mondiale contre la peine de mort, les abolitionnistes du monde entier se mobilisent le 10 octobre pour tenter de convaincre les gouvernements et l’opinion publique des pays qui n’ont pas aboli la peine capitale. Cette année, la mobilisation porte sur les Caraïbes.

Maintien de la peine capitale

Le 19 décembre 2008 a eu lieu la dernière exécution dans cette région. Mais un grand nombre de gouvernements milite clairement, sur la scène internationale, en faveur de la peine de mort, la présentant notamment comme un outil nécessaire face à la recrudescence de la criminalité. En janvier 2013, R. Castro (Cuba) déclarait : « Depuis que nous en avons suspendu l’exécution, cela ne fait que stimuler les actes d’agression et de sabotage contre mon pays ». Ce discours est démenti par les faits : aucune étude scientifique n’a pu démontrer que le taux de criminalité ait un lien avec l’application de la peine de mort. Ainsi, la Grenade, État abolitionniste de fait, détient le plus faible taux de criminalité de la région. Mais aujourd’hui, 13 des 25 pays qui composent les Caraïbes maintiennent la peine de mort et, fin 2012, 91 détenus attendaient leur exécution.

L’abolition en marche

Plus des deux tiers des pays du monde ont désormais aboli la peine capitale, une victoire importante pour les défenseurs de l’être humain. Cette sanction est pratiquement effacée de la carte en Europe et en Amérique du Sud, et son abolition progresse sur le reste du globe.

58 pays continuent à l’appliquer : en tête, la Chine, ainsi que l’Iran, l’Arabie saoudite, mais également les États-Unis. Dans la majorité des cas, elle est prononcée à l’issue d’une procédure inique, qui viole les règles du droit international (…)

Cinq raisons d’abolir la peine de mort

Aucun État ne devrait avoir le droit et le pouvoir d’ôter la vie d’un être humain. Il y a de nombreux arguments, notamment :

  • la peine de mort est irréversible, pourtant aucune justice n’est à l’abri d’une erreur ; aux États-Unis, 142 personnes ont été innocentées après avoir été condamnées à mort, depuis l’introduction des tests ADN.
  • elle n’est pas dissuasive et ne résout pas les causes profondes de la criminalité.
  • elle est injuste parce qu’elle est surtout utilisée à l’encontre des pauvres, des personnes victimes de discrimination pour leur appartenance à une minorité raciale, ethnique, nationale ou religieuse.
  • elle est inhumaine, cruelle et dégradante : les conditions de vie, les méthodes d’exécution, l’attente de la mort prononcée provoquent des souffrances aigües chez les condamnés et chez leurs proches.
  • enfin, elle écarte toute possibilité d’amendement pour le criminel.

 

Ajoutons que la peine de mort est dégradante également pour ceux qui la pratiquent et qui mettent ainsi en péril leur propre salut. Du point de vue de la foi chrétienne, il faut rappeler que la peine de mort transgresse le commandement biblique et méprise la vision de l’être humain à l’image de Dieu.

 

(Source : ACAT, Appel du mois, octobre 2013)