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16 et 17 juillet 1942 : jours de deuil…

La souillure de notre peuple

« Quel est le péché que nous avons commis envers le Seigneur notre Dieu ? » (Jér. 16, 10). Livrer un ennemi est une mauvaise action. Livrer un étranger est une action qui déplaît à Dieu (Dt 27, 19) qui aime son Image en l’être humain. A plus forte raison livrer des concitoyens… Ce n’est pas ici seulement la question de l’antisémitisme français. La Rafle livrait des Français d’origine juive, notamment des enfants. Elle portait le sceau de la légalité – exaction légale mais contraire à la loi divine, et qui souille notre Histoire (cf. Is. 59, 3).

La purification de la conscience

On n’a pas seulement un devoir de mémoire à l’égard du mal qu’on a fait. On a besoin de purification. Chaque personne accomplie est porteuse d’une conscience totale et assume librement le péché de son peuple, sans faire le procès d’autrui. « Contre toi seul, j’ai péché… Purifie-moi de toute souillure, lave-moi complètement de mon iniquité… Délivre-moi du sang versé, ô Dieu de mon salut ! » (Ps. 50). En ces jours mémoriaux du 16 et du 17 juillet, nous pouvons jeûner et prier pour que soient lavés les péchés de nos pères, en les considérant comme les nôtres : « Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur ! » Et nous croyons que le Seigneur pardonne. Dieu pardonnera à son peuple (Jér. 32-33).

L’enjeu du repentir

Le but du repentir est de ne pas être privé de la grâce du saint Esprit et de sa sagesse. Notre pays a un grand besoin de cette grâce pour faire face à toutes les questions qui surgissent actuellement : « Rends-moi la joie de ton salut, fortifie-moi par ton Esprit puissant ! ». Pour cette raison, la conscience chrétienne, loin de se justifier devant Dieu ou de cacher ses iniquités, les reconnaît (cf. Ps. 31). Elle n’accuse pas ; elle intercède pour les bourreaux, en l’occurrence René (Bousquet), Pierre (Laval), Xavier (Vallat) et tous les complices du crime…

Les nouveaux saints

L’Eglise orthodoxe a canonisé Père Dimitri (Klépinine), le sous-diacre Georges (Skobtsov) et Mère Marie (Skobtsov – sainte Marie la Nouvelle), qui, précisément ont, par l’amour du Christ, donné leur vie (Dora et Buchenwald, 1944 ; Ravensbruck, 1945) en cachant des Juifs. Elle fait mémoire d’eux respectivement le 9 février et le 31 mars. « Par les prières de tes saints nouveaux-martyrs, Seigneur Jésus Christ notre Dieu, fais miséricorde à notre pays la France… ».

Poursuivre la lecture

Commémoration de la rafle du Vel’ d’hiv’ 2012, 70 ans après, sur le site AJCF

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en bibliographie :

Mère Marie, Le sacrement du frère, Le Sel de la Terre, Le Cerf, Paris, 1995 ;

Alexandre Jardin, Des gens très bien, Grasset, Paris, 2010).