Imprimer cet article Imprimer cet article

Session « Découvrir le Judaïsme » 2014

Riche présenceaffiche_judaisme900px

Du 15 au 20 juillet, chrétiens et juifs se sont retrouvés à Angers pour se connaître et pour réfléchir à la question de la transmission de la Parole. Conférences, ateliers, pauses favorables aux conversations, les moments de prière se sont succédés dans une remarquable organisation pour plus de 200 personnes. La présence des chrétiens orthodoxes a été plus importante qu’ à la session à Rennes en 2012. Trois prêtres, dont P. Vasile Mihoc, venu depuis Sibiu (Roumanie) à l’invitation de la Métropole roumaine, ont été présents avec une quinzaine de fidèles pendant presque toute la durée du stage. Les offices et la divine liturgie ont pu être célébrés.

L’esprit du judaïsme

Particulièrement intéressants étaient les moments où l’on pouvait découvrir l’esprit du judaïsme. Par exemple, une conférence à deux voix (Louis et Eva Pidhorz) a présenté l’exégèse juive du psaume 23 à partir du commentaire guématrique du nombre de mots et du nombre de lettres. On a appris que 57, nombre des mots, est le chiffre de la nourriture, alors qu’il est précisément question dans le texte de la façon dont le Seigneur, comme un bon berger, nourrit son peuple !

Transmission et réception

Autre témoignage de la mentalité sémitique, la conférence du rabbin Philippe Haddad sur le double thème de la transmission et de la réception. Jésus, dans le saint Évangile, exprime cette préoccupation, quand Il répond à la demande de ses disciples : « Seigneur, apprends-nous à prier » en leur donnant la prière adressée au Père, « notre Père ». Et Il témoigne encore d’une pédagogie quand Il interroge le légiste par ces mots : « Qu’est-il écrit dans la Loi ? Comment lis-tu ? » – ce qui renvoie, non seulement au contenu de la Parole, mais à son interprétation. Transmettre implique ainsi un « transmetteur », un maître (rabbin), des disciples, des « apprentis », un contenu de foi (la Révélation) et une façon de comprendre la vérité transmise. Si Moïse resta 40 jours au désert c’était, explique le conférencier, pour apprendre l’interprétation de la Torah qu’il allait recevoir. Par exemple, on peut apprendre à réinterpréter les passages polémiques dans la Bible, notamment dans certains psaumes, à la lumière de la parole « aimez vos ennemis » qui se trouve dans l’Évangile. Le rabbin Haddad a montré une remarquable facilité à passer des textes les plus anciens de l’Écriture à ceux qui se trouvent dans l’Évangile, en voyant, bien sûr, dans le Seigneur Jésus, seulement un rabbin exceptionnel.

Désirer transmettre

Cette conférence ouvrait à la réflexion sur la transmission par la liturgie, sur le désir et la volonté de transmettre, qui sont indispensables, sur la place des enfants et la façon de leur transmettre, non pas la foi, mais la tradition de prière, de compréhension de la parole et de comportement cohérent avec elle. Ici est le rôle important des parents, qui doivent également apprendre à transmettre, grâce à ce qui se vit à la maison : une pratique, une identité et un sens de l’appartenance, la signification des fêtes religieuses…

Mémorisation de la Parole

Plusieurs interventions ont montré que le souci de transmettre est également celui des chrétiens. Certains d’entre eux se tournent vers des méthodes comme la mémorisation de la Parole : féconde à la fois pour les adultes et pour les enfants, elle permet un rapport, non pas seulement intellectuel, mais existentiel, avec l’enseignement divin.

La Synagogue

Un grand moment a été celui de la prière de l’entrée en shabbat dans la belle synagogue d’Angers, remplie à craquer par les membres de la communauté juive et les invités chrétiens de la Session. Avec les beaux chants liturgiques, les prières traditionnelles, l’assistance a été impressionnée par le commentaire fait du chapitre 27 des Nombres par le rabbin Yehuda Berdugo.