Imprimer cet article Imprimer cet article

Qu’est ce qui oppose les Catholiques-romains et les Orthodoxes ?

Rien ne devrait nous opposer –

L’opposition vient du péché, passion d’avoir raison; désir de pouvoir; attachement à des vérités secondaires, de pure sensibilité ou purement culturelles. Le temps des guerres de religion ou du prosélytisme est dépassé…

Un rapport différent à la Tradition

Pour les Orthodoxes, celle-ci est normative (Conciles oecuméniques, tradition liturgique). Ils pensent garder la tradition des Apôtres et des Pères, sans compromis. La conception ecclésiologique de l’Eglise catholique-romaine place le Pape au-dessus des conciles et de la Tradition elle-même (modification du Symbole conciliaire de Nicée-Constantinople, nouveaux dogmes, réformes liturgiques, relativisation de la tradition ascétique, etc.)

Le renouvellement par le saint Esprit

La sainte Tradition se renouvelle sans cesse par la grâce du saint Esprit. Des Orthodoxes charismatiques rappellent régulièrement la substance de l’héritage patristique et invitent à l’assumer de façon plus consciente, plus authentique et plus vivante – appel au rajeunissement, non à une adaptation au monde moderne et à ses changements, particulièrement dans le domaine moral, l’appel évangélique demeurant original au regard du mode de vie de la société civile.

Actualisation du donné traditionnel

Il semble, sous toutes réserves, que l’Eglise catholique conçoive sa relation à la modernité comme une continuelle et périodique mise à jour – “aggiornamento” – du donné traditionnel : le monde changeant, l’Eglise devrait changer également, se « moderniser », afin de ne pas perdre son audience dans le monde et dans la Société.

Devant l’antinomie Eglise-monde, l’Orthodoxie se soucie plutôt de répondre de façon prophétique à l’attente du monde. Il y a ici, semble-t-il, deux conceptions différentes de l’Histoire. L’Eglise catholique a une conception linéaire du temps; l’Eglise orthodoxe cultive la conscience d’un temps absolu où tout est déjà accompli, tout en n’étant pas encore là.

Ne pas diaboliser le « monde »

Une attitude défensive devant le monde n’est pas celle du Christ. L’Eglise prépare en son sein, par la vie “spirituelle”, le renouvellement de la théologie, et la fidélité aux saints canons, notamment dans le domaine ecclésiologique, des réponses ou des annonces qui soient à la fois anciennes et nouvelles. Les Orthodoxes sont continuellement au défi du renouvellement auquel ils prétendent.

Nous devons accepter que Dieu nous montre nos péchés, sans nous occuper de ceux des autres, pour être à la hauteur de la situation missionnaire et évangélique de notre époque si originale. “Voici, Je fais toute chose nouvelle” (Apoc 21, 5), définit la conception orthodoxe de la modernité même de la Tradition, actualité inusable et toujours naissante du message confié par le Christ aux apôtres et aux Pères.

Autres points de discussion

Les différences (conception de l’unité, de la catholicité, de la sainteté et de l’apostolicité ecclésiales; anthropologie; mystère du péché, notamment du péché d’origine; sanctification de l’être humain, en voie de déification par les énergies incréées, selon la pensée orthodoxe; infaillibilité pontificale, Immaculée conception, etc.) dépendent des points précédents.