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Pourquoi Dieu dit-Il “Ne soyez pas égarés du droit chemin par votre cœur ou vos yeux” (Nombres 15:39) ?

L’homme déchu –dix-commandements

Il faut être conscient que l’homme est déchu de l’innocence paradisiaque. Continuellement, il se montre faible devant les tentations. “Ne nous laisse pas succomber à la tentation”, dit une traduction du Notre-Père. L’homme est capable de se tromper, d’être trompé et de pécher plus d’une fois par jour. En particulier, les inclinations de son cœur, l’illusion de ses pensées, la distraction du regard font que l’homme peut dévier de la voie juste et tomber dans le péché, même en croyant bien faire. N’avons-nous pas nous-mêmes cette expérience? Combien de fois ne sommes-nous pas égarés?

Les « pensées »

Il y a les illusions qui viennent directement du Malin, des suggestions trompeuses, ce que les saints Pères appellent les “pensées” – logismata – que l’on pourrait appeler des suggestions, ou des tentations. Personne n’est à l’abri de ces pensées. Le Christ Lui-même, qui est Dieu et qui est un Homme innocent et sans péché, fut tenté au désert, et ces pensées se présentèrent à son esprit. Il voulut être tenté pour nous donner l’exemple du combat spirituel. Mais la parole de l’Écriture parle ici de la tendance à l’erreur, tendance qui n’est pas naturelle mais qui est devenue comme une seconde nature depuis le péché ancestral.

L’inclination au péché

Depuis notre jeunesse, dit le psaume, notre esprit et notre cœur sont enclins à l’erreur, son faillibles. Dans un autre psaume, le 140, nous demandons à Dieu de ne pas laisser notre cœur glisser vers des pensées pécheresses pour chercher des excuses aux œuvres d’iniquité. La possibilité du péché, volontaire ou involontaire, conscient ou inconscient, est une réalité quotidienne, comme l’actualité nous le montre. Tous les jours, l’homme est tenté de faire le mal, et même, il a quelquefois une affinité avec le mal, une attirance vers le péché, il se laisse séduire facilement parce qu’il pense trouver du plaisir dans le mal, dans la perversion du bien. La jouissance du mal peut prendre des formes pathologiques, comme l’a montré le poète Baudelaire. Cette propension au péché est bien connue de Dieu depuis les premiers temps de l’humanité.

La Loi sauve

C’est pourquoi Il nous donne une loi, des “commandements”, et Il nous donne la possibilité de nous souvenir de ces commandements. Ceci est un effet de la miséricorde de Dieu. Saint Basile le dit dans la grande prière liturgique qui lui est attribuée: “Tu nous as donné une Loi pour nous sauver”. La Loi est faite pour protéger l’homme contre l’autodestruction, d’une part, et, d’autre part, pour éviter à l’homme d’être détruit par l’homme, car, comme dit un philosophe, et comme le montre l’actualité, “l’homme est un loup pour l’homme”. Tous les jours, des enfants, avant même leur naissance, des femmes, des hommes, sont exterminés par d’autres hommes, sous le couvert de lois iniques et contraires à la loi de Dieu.

Protéger l’homme

Même au Paradis, avant que l’homme ne fasse l’expérience du péché – avant qu’il ne soit trompé par le Malin, et avant qu’il ne se trompe – une loi fut placée par le Seigneur pour le protéger, un interdit, pour lui éviter l’expérience de la souffrance et de la mort. Et ensuite, surtout après l’expérience que fit Noé, et qui faillit conduire à la destruction totale de l’humanité, Dieu donna par l’entremise du saint prophète Moïse une loi à son peuple, dix commandements, des interdits et des injonctions : Il voulait ainsi le protéger, l’éduquer et lui apprendre à discerner le bien qui conduit à la vie en Dieu, du mal qui, de plus en plus loin de Dieu, conduit à la mort. “Ne suivez pas les pensées de votre cœur et les égarements de vos yeux, qui vous font tomber dans l’infidélité”, dit Dieu pour avertir ses serviteurs. Cet avertissement est bien utile, nous pouvons en faire notre usage quotidien, dans le monde contemporain, surtout si nous nous sentons appelés à vivre dans la vraie vie, celle qui procède de la familiarité avec Dieu et de l’obéissance aimante à sa sainte volonté. Cette question est tellement importante qu’elle concerne l’avenir immédiat de l’humanité, et la possibilité de sa totale destruction.