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Père Païssie Olaru (1897 1990)

Bienheureux les doux

Père Païssie, de bienheureuse et sainte mémoire, était un doux selon l’Esprit. Les images que nous avons de lui sont souvent un peu sévères… Il parlait peu. Il était beaucoup dans l’ombre de Père Cléopas, son fils spirituel, un moine inspiré et plein de force spirituelle. Nous l’avons connu dans les années 80 quand il était déjà très âgé, presque aveugle : il était comme un petit enfant. Il répétait souvent la phrase qu’on a retenue de lui : « Rendez-vous au Paradis ! » Par-là, il rendait espoir aux désespérés et il consolait les affligés.

Grands charismatiques

Ce qu’on peut appeler l’« âge d’or de la spiritualité roumaine » comporte une fraternité de grands « pères spirituels » : les pères Benedict, Dumitru Stàniloae, Calciu, Sofian, Paulin, Constantin Galeriu, Arsenie Bocca, Arsenie Papacioc, Petroniu et tant d’autres témoins de la spiritualité des Pères du désert au 20ème siècle. Père Païssie fait partie de cette famille de grands charismatiques, exemples non seulement d’orthodoxie, mais d’orthopraxie, à travers souvent de grandes épreuves – prison, relégation, maladie, humiliations de toutes sortes scellant la joie de l’amour du Christ.

Les bergers

Longtemps, il habita un ermitage, la skite de Sihla, situé dans les forêts de la montagne moldave, au-dessus du monastère de Sihastria, non loin de la grotte de sainte Teodora. Il y avait là une chapelle « faite d’un seul arbre », très petite, ornée de quelques icônes, et dont le sanctuaire était marqué par un simple rideau. Les deux ou trois ermites, portant la veste des bergers des Carpates, vivaient dans la simplicité, dormant tout habillés dans des petites bergeries, cultivant des légumes. Une chapelle plus grande fut construite en bois, afin d’accueillir les pèlerins, de plus en plus nombreux, notamment dans les grandes fêtes de l’été : la Transfiguration, la Dormition de la Mère de Dieu.

Faire la volonté de Dieu

Il disait notamment : « Lorsque nous nous trouvons à un moment crucial de notre vie, nous devons faire deux choses : prier et demander conseil. Nous devons non seulement penser à Dieu, mais arriver à le sentir effectivement dans nos âmes. S’entretenir avec Dieu n’est pas la même chose que le sentir. La parole est une chose, l’action en est une autre. Il n’y a que celui qui observe la volonté de Dieu, en la faisant dans ses actes, qui peut arriver à sentir Dieu dans son âme. Car le Seigneur a dit qu’il n’est pas suffisant de dire : ‘Seigneur ! Seigneur !’ (Mat. 7, 21) pour entrer dans le Royaume des cieux. Il faut plutôt accomplir des œuvres de bien au lieu de parler. Ceux qui parlent sont très nombreux, tandis que ceux qui mettent effectivement en pratique les préceptes de l’Évangile sont peu nombreux ! » (archimandrite Ioannichie Balan, « Le Père Païssié Olaru », Grands spirituels orthodoxes du XXème siècle, L’Age d’homme, Lausanne, 2012, p.79).