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Pardonner totalement ?

Un appel

“Pardonner du fond du coeur” est un commandement divin (Mat 18, 35), à un appel du Christ à le suivre, à l’imiter, à nous assimiler à lui. Il nous a donné l’exemple d’un pardon total. C’est donc, avant tout, par amour pour le Christ que nous voulons pardonner du fond du coeur; et l’Esprit saint met en nous le désir, quelquefois douloureux, de parvenir à pardonner d’une façon totale. Pensons au fait que c’est la volonté du Seigneur, exprimée à la fois par le Christ et par l’Esprit, qui nous attire au pardon, et cherchons avec insistance à faire cette volonté.

La communion

Quand que nous communions au Corps et au Sang du Christ, nous communions à son amour infiniment miséricordieux: l’aspiration à pardonner est donc, au fond, l’aspiration à communier, à nous unir totalement au Christ miséricordieux, à nous assimiler réellement son humanité sainte irradiée par l’amour divin. L’obéissance à un commandement n’est pas une obéissance extérieure, comme à un devoir formel: elle est l’assimilation au Maître, et même l’assimilation du Maître.

Le combat

Est-ce encore impossible? Luttons spirituellement pour participer à cette grâce, pour connaître par expérience l’amour du Christ. D’abord, par le repentir: confessons comme un vrai péché notre incapacité à accomplir la volonté divine : « Pardonne-moi, Seigneur, de ne pas pardonner à ton serviteur N …! » En effet, l’impossibilité vient du fait que notre liberté n’a pas encore été libérée par le Christ, par la grâce du repentir qu’Il veut nous donner.

Voir son péché

Ensuite – toujours pour que soit libérée notre liberté -, demandons au Christ, en jeûnant, de nous montrer la profondeur de notre péché: peut-être ne voulons-nous pas véritablement pardonner, et l’Esprit saint nous révèlera qu’il y a dans notre coeur encore du ressentiment, le désir que la personne qui nous a offensé soit punie d’une certaine façon. Souvent, nous n’arrivons pas à pardonner, simplement parce que nous ne le voulons pas: c’est une contradiction entre ce que nous disons consciemment (“je veux pardonner”) et ce que nous voulons inconsciemment ou consciemment (“je ne veux pas …”). Nous nous asservissons nous-mêmes par la rancune inconsciente. Or, la volonté et la liberté humaines sont indispensables au Salut: il nous faut vraiment vouloir ce que Dieu veut, et cela sans aucune restriction.

Demander pardon

Refusons donc, du plus loin que nous les voyons venir, les pensées qui alimentent la rancune. Si le Seigneur veut bien nous montrer ce qui, en nous, s’oppose à sa volonté, reconnaissons que c’est vrai et demandons-lui pardon: « Pardonne-moi, Seigneur, car je ne veux pas ce que Tu veux; pardonne-moi le ressentiment à l’égard de ton serviteur N… » Et demandons-lui de nous accorder cette grâce: « Seigneur Jésus Christ, notre Dieu, rends-moi digne de pardonner du fond du coeur, selon ta sainte volonté, à ton serviteur N… » Et nous verrons comme, très rapidement, Il nous exaucera, puisqu’il n’y aura plus rien dans notre coeur qui s’oppose à ce que nos lèvres demandent.

Aimer

Demandons encore au Christ d’aimer cette personne comme Il l’aime Lui-même: nous l’aimons, mais nous voudrions l’aimer mieux, comme Dieu l’aime; cela encore est un signe que l’Esprit saint agit en nous; c’est ainsi que le Seigneur veut nous conduire à lui ressembler. Aimer davantage que nous n’aimons déjà: c’est l’aspiration fondamentale de notre cœur ! C’est déjà un début de participation à l’amour éternel de Dieu. Car l’être humain est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu et, tant qu’il ne réalise pas cette vocation, il ne peut être vraiment heureux. C’est pourquoi il veut aimer toujours plus!