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Œcuménisme et Carême

Le Seigneur donne à tous les chrétiens, cette année encore, de célébrer Pâque à la même date et donc d’aborder ensemble le Carême, par le Dimanche du Pardon (2 mars 2014), par le Mercredi des Cendres (5 mars) : les Protestants entrent également dans ce pèlerinage spirituel. Quelle expérience d’unité pouvons-nous faire ?

L’unité de Foi

Nous pouvons travailler à l’unité de la Foi, par des catéchèses, des visites réciproques, le témoignage de ce que nous vivons dans l’Église, avec beaucoup d’humilité et d’amour toutefois. Peut-être nos amis n’ont-ils pas toujours bien conscience de l’importance des questions dogmatiques pour la vie spirituelle et pour le Salut. Progresser dans cette conscience pendant le Carême serait une immense grâce, car le Seigneur nous appelle à la communion dans l’amour et dans la vérité qui viennent de lui.

Le jeûne

« Si tous les chrétiens du monde… » On pourrait faire bien des développements sur ce thème. Mais, effectivement, la prise au sérieux de façon universelle de la tradition du jeûne que nous ont léguée le Christ et ses premiers disciples donnerait une force exceptionnelle à notre témoignage. Bien plus, d’une façon toute intérieure, ce serait la façon la plus efficace de lutter contre le péché et contre les passions qui font tant de mal aux hommes et à la Création. Les racines du mal, de la souffrance et de la mort sont, non pas à l’extérieur de nous, mais dans la profondeur de notre cœur. Le jeûne associé à un repentir fervent et sincère contribue à alléger la condition humaine. Les saints ne diabolisent pas le monde : ils font pénitence pour lui.

Le ressourcement biblique

Par des réunions bibliques dans nos paroisses, et les uns chez les autres, nous faisons l’expérience d’une forme d’eucharistie dans la Parole. L’étude spirituelle de la sainte Écriture est la communion des chrétiens en quête d’unité. La raison principale en est qu’elle nous relie à nos racines juives, notre Israël commun ; or, sans une bonne connexion avec la tradition de nos pères d’Israël, il n’y a pas, pensons-nous, de bonne compréhension entre les chrétiens des diverses familles. Cultivons l’amour pour le Christ, Parole de Dieu devenue homme ; cherchons ensemble comment les Écritures, quand nous les scrutons, nous parlent de lui (Jean 5, 39-40). Lisons ensemble la Bible. Nous verrons que nous apprendrons beaucoup les uns des autres.

La prière mutuelle

Nous pouvons prier les uns pour les autres, et nous y sommes appelés. Les chrétiens orthodoxes peuvent intercéder pour les chrétiens des autres confessions, et ceux-ci voudront bien le faire pour nous. On dépasse ainsi les attitudes qui pourraient être sectaires. Surtout, la prière de louange nourrit les rencontres que nous pouvons avoir ; et même si nous n’en avons pas, le fait de rendre grâce à Dieu pour tout ce qui se fait de bien dans une communauté encore un peu ou plus éloignée de la tradition des saints Pères, est extrêmement bénéfique pour eux et pour nous-mêmes. L’acathiste d’action de grâces est à ce titre d’une grande utilité spirituelle. Et nous pouvons annoncer ensemble la Résurrection !

L’héritage des Saints

Mille ans de sainteté commune existent dans notre chrétienté historique. Nous pouvons découvrir ces grands exemples de vie chrétienne et les faire découvrir à d’autres chrétiens. Ce patrimoine est le fondement de l’unité qui vient et de la communion à laquelle le Christ appelle tous ceux qui se réclament de son Nom béni. En particulier, il est urgent de glorifier ensemble la Mère de Dieu à la place qui lui a été donnée par le Christ lui-même son Fils et son Dieu. C’est elle qui nous conduit, comme le montre son icône, vers la personne divine de Jésus ; c’est par elle que nous devenons chrétiens en plénitude ; or, c’est la plénitude de la vie dans le Christ qui est l’enjeu de tout effort œcuménique des chrétiens.