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Les couronnes de l’Avent

Histoire –

La coutume remonte peut-être aux anciens Germains qui commençaient dès novembre à célébrer le solstice d’hiver (21 décembre, Yule) au moyen de lumières et de jeux divers. Elle s’est retrouvée il y a quelques centaines d’années en Allemagne orientale. Elle s’apparente à d’autres symboles qui consistent à célébrer la décroissance ou la croissance de la lumière solaire.

Le symbole

La communauté chrétienne a souvent acclimaté des coutumes héritées de la tradition cosmique. Il semble que le mot « païen » n’a pas forcément un sens péjoratif : c’est une forme du mot « paysan », et les habitudes qui s’y rapportent sont celles de la vie rurale, rythmée par les saisons, le mouvement des astres, l’impressionnante manifestation du divin impersonnel dans les grands signes que l’homme contemple de ses propres yeux, lisant dans la création à livre ouvert. Toutefois, l’évangélisation de la tradition cosmique fait qu’un sens nouveau est donné aux symboles hérités. Le principe même de la liturgie est l’utilisation, avec les paroles les plus appropriées, du langage symbolique, qui touche la conscience plus profondément que ne le fait le langage conceptuel.

Sanctification du temps

Le cercle est souvent un symbole du temps. En ce sens, il n’est pas vraiment un symbole biblique, puisque, pour la sainte Écriture, le temps est, non pas cyclique, mais linéaire, orienté vers une fin, le terme de l’histoire, la bénédiction ultime donnée par Dieu pour le grand accomplissement. Mais le cercle se trouve dans nombre de nos rites et de nos gestes : processions circulaires, alliances, couronnes des époux… Il est alors un signe d’éternité. Ce qui est circulaire se rapporte au céleste. La couronne de l’Avent peut ainsi être déchiffrée comme le symbole d’une période de temps particulièrement consacrée, inscrite dans les cieux, celle qui prépare la manifestation corporelle du Verbe créateur, porté dans les entrailles de la Vierge depuis le 25 mars.

Les semaines

La couronne de l’Avent est souvent faite de feuillage (if, sapin, laurier). Elle est, à la maison, suspendue au plafond ou posée sur la table à manger, ou encore près des icônes où l’on prie. Six bougies y sont fixées, désignant les six semaines du carême de Noël dans certains pays d’Occident, notamment en Gaule (d’où le nom de carême de saint Martin pour une période qui va du 11 novembre au 25 décembre) ; les Églises orientales ont six semaines depuis la fête de saint Philippe, le 14 novembre. Ces bougies en belle cire sont allumées de semaine en semaine, le soir, rappelant l’attente ancestrale de la lumière dans un monde de ténèbres (cf. Luc 11, 79), celles des prophètes annonçant le Messie. La prière du soir en famille sera ainsi un moment inoubliable. Traditionnellement, la couronne est un signe de victoire, par exemple dans les jeux athlétiques ou dans l’exemple des martyrs couronnés parce que leur foi triompha des épreuves. Elle symbolise l’avènement souverain de la Lumière divine, du Christ, Lumière des nations. Quand, à la proximité de Noël, les six bougies seront toutes allumées, on sentira bien, alors que les ténèbres auront envahi l’univers, que la lumière a gagné !

Document : Prière pour l’entrée dans l’Avent