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Le dimanche des Rameaux : sources juives ?

Le mois de Tishri du calendrier juif, qui se situe à l’automne, cumule un grand nombre de fêtes, depuis les fêtes austères (Rosh Hashana, Yom Kippour) jusqu’aux fêtes les plus joyeuses (Soukot, Simhat Torah). Soukot, la fête des Tentes, est célébrée durant sept jours. Chaque matin les fidèles tournent autour d’un rouleau de la Torah, avec le loulav en main, en dansant et chantant des hymnes appelés hosha’not. Car le refrain répété à plusieurs reprise est : Hosha’na, ce qui signifie : « De grâce sauve nous ». Or le loulav est un rameau composé de quatre espèces : une branche de palmier, de la myrte, une branche de saule, et un cedrat.

Le 7ème jour de la fête de Soukot, s’appelle Hosha’na Rabba : la grande hosha’na. Car ce jour- là est le dernier jour de la fête, et on fait sept fois le tour de la Torah, au chant des hosha’not. Il y a donc une joie de le fête qui va s’amplifiant jusqu’à ce dernier jour, qui débouchera le lendemain sur la fête la plus joyeuse de cette période qui est Simhat Torah, la joie de la Torah, au sommet de toutes les fêtes.

Notons que les Hosha’not viennent achever les prières et les supplications que le peuple fait chaque jour, depuis les selihot (demande de pardon), du mois d’Eloul. Ce qui fait que pour certaines communautés, les prières de supplications durent depuis plus de 40 jours. C’est pourquoi certains s’habillent de blanc à Hosha’na rabba.

Il se trouve qu’à la fin du Seder de Pessah (la pâque juive, toujours fêtée au printemps), on chante le Hallel, dont le psaume 117(118) est le dernier, qui est chanté après qu’on ait versé la quatrième coupe. Or ce psaume reprend au verset 25 : Adonay, Hoshia’na « de grâce Seigneur sauve-nous !»

Il n’y a pas eu d’étude, à notre connaissance (S. Caneri), sur les liens possibles entre ces deux fêtes. Mais s’il est permis de les faire nous pouvons dire que lors de l’entrée de Jésus à Jérusalem, il y a une sorte de superposition entre le verset du psaume 117(118) chanté durant la Pâque juive : « Hosanna au plus haut des cieux, béni soit celui qui vient », et l’acclamation joyeuse de la fin de Soukot du peuple qui tourne autour de la Torah en chantant le même verset. Ainsi Jésus est bien désigné à la fois comme une Torah vivante source de joie pour tous et comme « Celui qui vient » du plus haut des cieux, envoyé par le Père pour « nous sauver ».