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La Nativité aujourd’hui

La théophanie

Qu’on le veuille ou non, le Messie attendu par Israël est venu ; qu’on le croie ou non, Dieu devenu homme (25 mars) se manifeste à son monde. « Tout le sens de la fête de la Nativité est dans cette affirmation, cette profession de foi » : « ta Nativité, ô Christ notre Dieu, a fait resplendir dans le monde la lumière de la connaissance » (tropaire). La révélation que Dieu fait de lui-même à tous les hommes donne accès à l’intelligence de la Divinité, de la création et de sa rationalité, et de l’être humain à l’image de Dieu. C’est pourquoi également « il n’y a pas d’autre sagesse, d’autre objectif, que le Royaume de Dieu que le Christ a annoncé » (P. Alexandre Schmemann, Vous tous qui avez soif, p. 131).

L’enfant

Dieu s’est fait enfant, Il est présent dans l’enfant (icône de la Fête); l’« éternelle enfance de Dieu » (p. 133) apparaît ; c’est la fête de l’enfant… sans pouvoir, à la merci des adultes ; mais, roi, il leur échappe ; souffrant, il est incompréhensible. Il est menacé dans ses droits, sa dignité, son intégrité – la Société prétend disposer de lui (« l’enfant appartient à l’État », dit un ministre). Mais la foi et la révolution chrétiennes valorisent et reconnaissent l’enfant, au contraire de la société antique. Or, selon l’Évangile, nous pouvons, par l’esprit d’enfance, « effectuer une percée vers l’enfant qui est caché en nous » (p. 132).

L’hostilité au Christ

Comme Hérode (Mat. 2, 1-16), la société se sent menacée par l’enfant (« Attention : enfants !»). La pureté, la virginité, l’innocence sont des menaces sans violence pour un monde corrompu par la convoitise, l’obsession du profit et de la jouissance, par le cynisme. Notre impureté est menacée, comme la mort est menacée par la vie : la corruption pressent la fin de son règne. Le pouvoir voit la foi chrétienne comme un ennemi, et lui déclare la guerre. On peut tenter de corrompre l’enfant pour que son innocence ne nous accuse plus et pour atteindre le cœur du Christ.

La femme

L’homme Joseph est en retrait… Noël dévoile la royauté, la souveraineté de la femme : il est son mystère et sa fête, dans sa virginité (souveraineté, autonomie par rapport à l’homme, relation directe avec Dieu, compétence spirituelle qui accueille la Divinité…), dans sa maternité : elle donne Dieu au monde ; et dans sa souffrance, elle, dont on tue, on torture ou l’on souille l’enfant : ne prenez pas nos enfants ! Ne touchez pas à nos enfants ! crie la femme… (cf. Mat. 2, 17-18).

La famille

Elle reçoit son fondement divin. Dieu s’est manifesté dans une famille – sainteté de la famille où habite le Seigneur… Noël, mystère et fête de la famille

L’universalité

Les mages représentent tous les peuples de la terre, auxquels le Christ se manifeste. Ce sont également toutes les nations spirituelles, toutes les quêtes de lumière qui aboutissent de bonne foi au Christ. Noël marque également la liaison pleine de douceur et de paix entre le judaïsme et les nations païennes, l’héritage et les fruits de la Loi offerts aux non Juifs – mystère de l’Église.