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La célébration de l’Annonciation

La très grande fête –Annonciation

L’Annonciation n’est pas seulement une fête : elle est un immense évènement. C’est le jour, le moment historique où le Fils unique et Verbe de Dieu se fait chair et se fait homme. Aujourd’hui est humainement conçu le Créateur du ciel et de la terre. Tout ce que confessent les chrétiens est ici contenu : le Christ est vrai Dieu et vrai Homme ; Il est l’un de la Trinité qui se fait palpable ; en se faisant homme Il sanctifie, déifie et divinise la nature humaine universelle. L’évènement est aussi important que la création du ciel et de la terre et de tous les êtres visibles et invisibles.

Dieu en l’homme

Aujourd’hui, la créature ne reçoit pas seulement le don d’exister par la seule volonté de son Seigneur. Elle est appelée à être féconde de son Dieu, à l’engendrer humainement, Lui qui est sans commencement. Aujourd’hui, le Fils unique de Dieu se fait le Fils unique de l’Homme. Les textes liturgiques, dans leur précision et leur juste lyrisme, magnifient ce qui est le salut de la Création tout entière : Celui qui agissait à son égard depuis l’extérieur agit maintenant de l’intérieur. De plus, se faisant ainsi Homme, le Créateur se fait un homme parmi les hommes, Il assume la citoyenneté de ce monde. Or, rien de tout cela n’aurait été possible sans le consentement de la personne humaine, celle de la Vierge. L’Annonciation est le mystère de la conjugaison des libertés et des volontés divines et humaines.

La célébration

L’Annonciation advient au sein du grand Carême. Elle est le seul évènement et la seule fête à avoir cette place, et, pour cause : sans ce jour, la Pâque du Sauveur aurait été impossible – pas d’Incarnation : pas de Résurrection. Célébrée en semaine, elle a les couleurs du Carême. L’office de matines est déjà festif mais conserve la prière de saint Éphrem. La divine liturgie selon saint Jean Chrysostome est accomplie le soir du 25 mars, après une journée entière de jeûne, à l’heure des vêpres du 26 et unie à celles-ci. Le cas est unique car, pendant une semaine de Carême, on ne célèbre jamais l’Eucharistie. On peut toutefois le comparer à la célébration du Jeudi saint pendant la Semaine sainte : c’est alors l’office de vêpres uni à la divine liturgie selon saint Basile.

« Dans les paroisses, les vêpres du 25 sont célébrées la veille de la fête avec la litie ; et, dans les monastères, on les célèbre unies à la liturgie des Présanctifiés, et la litie est chantée à complies. Le canon 52 du concile In Trullo prescrit d’officier la divine liturgie selon saint Jean Chrysostome quel que soit le jour. Le jour de la Fête, la divine liturgie est célébrée unie à vêpres en raison du caractère quadragésimal du jour liturgique (vigile propre au grand Carême). Le tipikon de saint Sabbas place la célébration de la divine liturgie de l’Annonciation après la neuvième heure. Ceci suppose qu’une vigile a précédé et justifie qu’on officie la divine liturgie unie aux vêpres du 26 mars. La clôture de cette fête a lieu le 26 mars » (notes de P. Adrian Iuga).

Le Ménologe

L’ordre de cette célébration particulière est indiqué avec grande précision dans les Ménées du mois de mars. Toutes les occurrences possibles y sont envisagées, en particulier le cas où l’Annonciation est le jour du Vendredi saint ! Bien entendu, si le 25 mars est un samedi, on officiera la divine liturgie à la suite de matines et des petites heures, car le samedi n’est pas un jour de carême. Et, si c’est le dimanche, la mémoire de l’Annonciation sera faite au sein de la liturgie dominicale, c’est-à-dire, de façon magnifique, en occurrence avec la glorification de la Résurrection qui a toujours lieu le dimanche, même  en Carême. Il est extraordinaire comment, par le jeu du cycle liturgique, l’Incarnation s’implique en fait dans tout le mystère pascal.