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In memoriam Mère Olga

Une dame de 98 ans

Notre Mère en Dieu, la moniale Olga, higoumène du monastère Notre-Dame-de-toute-Protection à Bussy-en-Othe (89), est entrée dans son repos, dimanche 3 novembre 2013, pendant la célébration de la divine liturgie. Ses funérailles ont eu lieu au Monastère samedi 9 novembre à 10.30, à l’issue de la divine liturgie. Hélène Slezkine était née à Saint-Pétersbourg le 29 octobre 1915. Après une formation en droit, une thèse d’études slaves à la Sorbonne et quelques années d’enseignement à l’Institut national des langues orientales à Paris, elle devint moniale sous le nom d’Olga, puis higoumène du monastère où elle a vécu jusqu’à présent.

Nos enfants

L’image que nous conservons de cette grande religieuse est liée aux pèlerinages accomplis avec les enfants de notre paroisse au Monastère. Mère Olga leur montrait toujours, comme à nous, un visage plein de bonté, illuminé par le sourire et la lumière de ses yeux. Elle leur parlait d’une voix très douce, avec toutefois une certaine fermeté, comme une vraie mère. Ils voyaient en elle une femme pleine de simplicité et d’une autorité naturelle, sans autre pouvoir que celui de l’amour qui l’habitait. C’était un beau visage de moniale. Elle donnait envie de partager la joie dont elle rayonnait.

Nos évêques

Mère Olga est associée également à l’expérience spirituelle de plusieurs de nos évêques, qui rendirent service comme aumôniers du Monastère alors qu’ils étaient étudiants à l’Institut Saint-Serge. Les métropolites Séraphim, Théophane et Irénée, le métropolite Joseph lui-même, les évêques Silouane et Timothée – si nous n’oublions personne ! – ont été marqués en profondeur par leur séjour dans la communauté des Sœurs et par la personnalité spirituelle de Mère Olga. Celle-ci est l’exemple de la maternité spirituelle dans notre Église, c’est-à-dire une personne qui aide les autres à devenir ce que le Seigneur attend d’eux.

L’esprit fraternel

Le saint monastère Notre-Dame-de-toute-Protection lui-même, le plus ancien monastère orthodoxe de France à notre époque, fondé en 1946, doit une bonne part de sa richesse spirituelle, de l’amour fraternel qui s’en dégage, au charisme de Mère Olga. C’est elle qui a transmis aux religieuses de sa génération ou plus jeunes l’esprit communautaire et simple auquel se reconnaît une communauté chrétienne. Mais ce monastère n’est pas non plus imaginable sans les liens spirituels étroits qu’il a toujours entretenu avec d’autres communautés orthodoxes, notamment le monastère du Précurseur en Angleterre.

Le témoignage monastique

À l’époque critique que nous traversons et où les chrétiens cherchent à aiguiser leurs repères en vue de témoigner de la foi dont ils vivent, l’exemple monastique est vital. Nous avons besoin de personnes qui essayent d’aller aussi loin qu’elles peuvent dans l’expérience de l’Évangile et dans l’acquisition de l’amour du Christ. Certes, ceci doit pouvoir se réaliser là où l’on vit et où le Christ nous a envoyés. Mais, si Mère Olga, à un moment de sa vie, a choisi la vie monastique, c’est bien parce qu’elle pensait y trouver des conditions plus favorables pour prier avec amour pour le monde et pour son Salut.