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Faut-il étudier la théologie ?

Une vocation – Evangile orthodoxe

Mais non : il ne faut rien du tout ! La voie de la connaissance ne répond à aucune nécessité ni à aucune obligation. Il n’est pas obligatoire d’être chrétien, d’être fils ou fille du Très haut, d’avoir accès aux profondeurs insondables de la Sagesse. La théologie est une expérience qui répond à un appel, celui du Seigneur qui te dis : « Suis-moi ! », viens avec moi que Je t’initie au grand mystère de la paternité divine et aux pâturages de l’Esprit. Suis-moi, dit le saint Mystagogue de la grâce, et Je te ferai goûter le lait et le miel du monde qui n’a pas de fin !

Prière et dogme

Par les temps qui courent, il est bien utile d’avoir un peu – ou beaucoup – d’instruction et de culture biblique et patristique. Notre prière n’est pas a-dogmatique. Toutes nos prières expriment, directement ou indirectement, la grande synthèse de Foi de la Tradition apostolique. Étudier la théologie permet de comprendre le beau nom de « Mère de Dieu » – Theotokos ; de connaître le sens du plus beau refrain du monde : Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit ! ; de savoir interpréter à ceux qui le demandent le contenu de la foi chrétienne : qui est ton Dieu ? qui est le Christ ? pourquoi prier les Saints ? que veut dire cette hymne que vous chantez dans votre culte : « Fils unique et verbe de Dieu, Toi qui es immortel ! » ? pourquoi tenir que l’Esprit est issu du Père Source unique ?

Écouter le Verbe

La participation aux assemblées de l’Église, aux conseils paroissiaux ou épiscopaux requiert elle aussi des connaissances de base. Pourtant la théologie est davantage que la maîtrise des formulations incontournables de la vraie Foi. « Théologie » ne veut pas non plus seulement dire « parler de Dieu ». Ce mot magnifique, qui définit au bout du compte tout croyant, désigne la parole que Dieu profère Lui-même : Dieu parle ! Est théologien – théologienne ! – celui ou celle qui s’exerce à écouter ce que Dieu dit. Et où donc Dieu parle-t-Il ? – Il parle en et par son Verbe, son Fils bien-aimé, Jésus. Est théologien, celui – ou celle !- qui s’assoit aux pieds de Jésus Christ et qui écoute son enseignement – Marie de Béthanie, le disciple, celui qui se laisse enseigner.

L’esprit patristique

Si la théologie n’est autre que la participation à la pensée des saints Pères, et l’acquisition de l’esprit patristique, c’est parce que nos saints Pères se sont consacrés à interpréter la Parole. Avant tout – avant même les explications plus ou moins techniques, plus ou moins dépendantes de l’esprit du « monde » – imprégnons-nous de la Parole ; laissons-nous saturer par l’Évangile ; que les paroles des offices liturgiques imbibent notre cœur et nourrissent notre mémoire. Avant tout, mémoriser, assimiler ; ensuite, expliquer, interpréter, reformuler.

La passion de Dieu

Comprenons qu’il est bon d’être théologien, théologienne, pour être au service, non de  nos propres opinions ou de nos propres idées individuelles – individualistes… – mais de la pensée du Christ, véhiculée par son Corps et vivifiée sans cesse par son Esprit qui réside dans ce Corps. Il est bon d’être théologien, pour témoigner, pour servir, pour exhorter, pour encourager, pour ne pas laisser parler mal du Christ en notre présence, pour communiquer l’enthousiasme qui nous anime, pour faire aimer ce, et Celui, que nous aimons. La théologie est une passion sans passion ordonnée au Salut de soi et du monde entier.