Imprimer cet article Imprimer cet article

« Œcuménisme » : l’amour comme méthode

« Aimons-nous les uns les autres afin que, dans le même Esprit, nous confessions le Père et le Fils et le saint Esprit, Trinité consubstantielle et indivisible ! » Il faut aimer pour pouvoir témoigner de la vérité ; sans amour celle-ci peut être insupportable ; le Christ est la Vérité dans l’amour et de l’amour, et Il donne sa vie pour ceux à qui Il dit la vérité. Dieu est amour : c’est pourquoi Il se révèle et se manifeste comme Vérité.

Métanoia…

La conversion est à la base de l’œcuménisme : réformons-nous nous-mêmes (manque de prière, formalisme, désinvolture liturgique, impénitence). Acquérons l’amour et le discernement et fuyons les compromissions. Renonçons également à juger (nous n’avons pas été établis juges des autres chrétiens), à avoir raison ; et réconcilions-nous, avant de communier, avec tous les chrétiens que nous avons pu offenser. Vérifions la rectitude de notre propre foi ; sachons aimer sans être encore d’accord sur tout !

Action de grâce

Un autre fondement est la louange pour les autres chrétiens, pour tout ce qui se fait de bon, de bien et de vrai dans leurs communautés. Nous pouvons les bénir, dire du bien d’eux à Dieu et au monde ; osons accepter que la Vérité fleurisse chez eux ; nous ne savons pas tout ; nous n’avons pas le monopole ou la propriété privée de l’Orthodoxie ; peut-être réalisent-ils quelquefois ce que nous nous contentons souvent de dire…On ne peut être Orthodoxe qu’en étant humble devant l’Orthodoxie, en se sentant petit devant elle : quel exemple donnons-nous d’orthodoxie et d’orthopraxie ?

Ascèse de la vérité

L’unité de foi comme norme œcuménique signifie l’unité de l’amour et de la vérité. C’est très exigeant et demande une purification : renoncer aux fausses normes identitaires (nationalisme, phylétisme, politisation), aux contre-témoignages (lâcheté, apostasie, prétention, orgueil, vaine gloire, agressivité, domination), à l’inculture et l’incompétence théologiques : cela veut dire renoncer à l’erreur… Cela demande également une sanctification : être les premiers à acquérir le discernement de la vérité (ou bien les publicains et les prostituées devanceront les Orthodoxes ; Zachée le publicain accueillit la Vérité en personne). Acquérons le charisme de dire non par amour, non par agressivité (c’est une croix de dire non), à certains offices ou arrangements sacramentels… Acquérons celui de dire oui par amour, non par lâcheté (c’est une croix de dire oui !) : oui au témoignage de la Tradition ; proposer la prière orthodoxe, témoigner de la vérité et des valeurs orthodoxes par amour. Si j’aime quelqu’un, je lui donne ce que j’ai de mieux. Les Orthodoxes sont présents dans les relations œcuméniques pour cela, pour témoigner ; l’Église une n’est pas à faire, elle est à montrer, à réaliser ; l’œcuménisme, pour une conscience orthodoxe, est un appel à la communion dans la plénitude de la Foi, dans l’amour et dans la vérité.

Attitudes communes

Dans les circonstances et les controverses actuelles, l’attitude d’œcuménisme chrétien recherche une unanimité d’amour et de foi, et se garde de toute compromission partisane : les chrétiens, comme le Christ, ne se réclament d’aucune sensibilité politique ; ils cherchent à faire la volonté du Père, au-dessus de tout parti ! L’Évangile est notre programme… Nous pouvons trouver, entre chrétiens, un langage commun, ni psychologique, ni philosophique, ni politique : un langage biblique, évangélique. Les chrétiens doivent « parler chrétien » ! Et nous pouvons trouver des positions communes, sages, mesurées, compatissantes, faites de non-jugement et de prière sacrificielle pour le monde et pour nos patries.