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L’identité de Jésus-Christ

Qui est-Il ?CHRIST 2013-1

L’interrogation sur l’identité de Jésus Christ est de tous les temps. « L’énigme Jésus » est le titre du Hors-série janvier-février 2015 de « L’Obs ». Des articles plus intelligents les uns que les autres et bien rédigés se succèdent. Aucune polémique, un peu de provocation, des confrontations et des contradictions fécondes, à l’abri de la philosophie. Il est bon pour nous, chrétiens, d’être exposés à la perception qu’ont d’autres personnes de l’identité de celui que nous glorifions comme Sauveur. L’identification du Fils de Dieu ne va pas de soi. Et nous acceptons d’être mis au défi de croire selon notre Credo ! Notre foi se trempe au bain de la contradiction…

La christologie

Doctrine du Christ,  chapitre central de la dogmatique chrétienne, elle doit être connectée sur le vécu. L’expérience est à la base. La foi chrétienne est « existentialiste ». La foi commune à tous les baptisés se précise à partir de la révélation que Jésus fait de lui-même, à partir des moments de rencontre – Jésus rencontre et est rencontré. Il n’est pas d’abord un « Il », Celui dont on parle, et dont écrivent avec facilité et brio les signataires de la revue citée. Jésus Christ est un « tu ». La Sagesse en personne dit « tu » à la Samaritaine, à Zachée. Par l’Incarnation Dieu est entré dans le tu-et-à-toi avec sa créature humaine.

L’initiation

Le Christ est appelé par certains Pères (Denys l’Aréopagite, Maxime le Confesseur…) un « mystagogue ». Dans les diverses versions du saint Évangile, Il conduit le disciple à la révélation de lui-même. Trois exemples de cette pédagogie sont éloquents, tous dans l’évangile selon saint Jean : le dialogue avec la Samaritaine (Jn 4), l’aveugle de Siloé (Jn 9), la conversation avec Marthe et Marie, les sœurs de Lazare (Jn 11). Chaque fois, le point de départ est une situation humaine concrète, et une présence humaine réelle du Sauveur ; et chaque fois, l’itinéraire spirituel conduit la personne à la connaissance du Fils de Dieu et Messie. L’Esprit saint agit pour que les questions « qui est cet homme ? » ou « qui dites-vous que Je suis ? » puissent trouver leur réponse : « Tu es le Messie, le Fils de Dieu ! » (Jn 11).

Les confessions de foi

Les philosophes et les écrivains brillants analysent, et de façon exceptionnellement intéressante, le contexte historique, le fond juif, la vraisemblance, des documents qui nous ont été légués. L’analyse, souvent réductrice (Jésus ne serait qu’un super rabbin…), relève d’un rationalisme confortable : si Jésus n’est qu’un grand prophète ou un grand initié, où est le problème ? Mais les chrétiens connaissent Jésus par la foi – et par l’inconfort du martyre ! Ils l’ont rencontré et ils témoignent de ce que le Seigneur a fait pour eux et pour son peuple. C’est le contenu des discours de saint Pierre et de saint Étienne dont on trouve le texte dans les Actes des apôtres (Ac 2 et 7), ainsi que du récit de conversion de l’apôtre Paul (Ac 26, 12-18). Une autre transmission de l’expérience se fait également par le commentaire de l’Écriture à la lumière de la personne de Jésus, dont nous donne l’exemple l’apôtre Philippe (Ac 8, 26). Tout proche de nous, le livre d’Un Moine de l’Église d’Orient, « Jésus, simples regards sur le Sauveur », nous place sur la bonne voie de la connaissance du Fils de Dieu et Fils de l’Homme.