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Le théologien

La prière –

Qu’est-ce qu’un théologien ? L’adage patristique attribué à Évagre le dit toujours : théologien est celui qui prie. Notre tâche en Occident planétaire est de reconnecter sans cesse la pensée et l’oraison. Le schisme de la réflexion et de la mystique est un des plus graves. Il n’est pas d’ordre canonique. Il est d’ordre gnoséologique. La prière est théologique et la théologie est priante. Notre patriarche Daniel a fait la critique d’une « spiritualité adogmatique », grande tentation de l’Occident. Il faut dénoncer symétriquement la dogmatique sans spiritualité.

Le dogme à découvrir

En revanche nous pouvons faire découvrir que le dogme est la gloire de la vérité ; que la prière est l’expression même du dogme : « Seigneur Jésus Christ Fils de Dieu », n’est-ce pas la confession de la divinité du Christ ? « Très sainte Mère de Dieu », n’est-ce pas la confession de l’Incarnation du Verbe ? Ne glorifions-nous pas sans cesse la sainte Trinité par nos incessants « Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit » ? Notre prière est profondément théologique ; elle est une confession permanente de la vraie foi.

La présence du Verbe en nous

Par la prière de foi, et nourrie par la vraie foi, l’homme devient théologien parce qu’il s’approprie la vérité, il la médite, il se l’assimile, comme il le fait en apprenant par cœur des passages entiers de la Parole. La prière est une imprégnation par la présence du Verbe en nous. La prière est une « nourriture », comme dit l’évêque Jean dans Technique de la Prière. Plus le Verbe sera implanté dans notre intelligence et dans notre cœur par l’invocation de son Nom et la mémorisation de ses propres paroles, plus Il aura la parole en nous, plus Il pourra parler par nos lèvres, de sorte que nous soyons vraiment des théologiens qui ont la pensée du Christ (1 Corinthiens 2, 12 et 16) et la parole du Christ, qui parlent chrétien.

La pensée divine

« Mes pensées ne sont pas vos pensées », dit Dieu (Isaïe 55, 8-9) ; mais, justement, la prière consiste à s’approprier les pensées divines, et à penser ce que Dieu pense, à adhérer à sa pensée, c’est-à-dire, une fois de plus, à son Logos, notre Seigneur et Dieu Jésus Christ – à laisser Dieu se penser en nous et se dire par nous ; à parler par nous !

La prière de Jésus

À notre époque et en Occident, local ou planétaire, la diffusion de la prière du Nom de Jésus dans des milieux très divers est un des évènements théologiques les plus importants. Grâce à la publication en langues occidentales des Récits du Pèlerin russe et de la Philocalie, traduite également en roumain par Père Stàniloae, la théologie comme inhabitation du Logos se répand, car il n’est pas possible que tu prononces sans cesse le Nom de Jésus sans que Celui-ci vienne un jour demeurer chez toi par le saint Esprit, comme Il voulut demeurer chez Zachée le Publicain. « Si quelqu’un m’aime, dit le Seigneur, mon Père et moi Nous viendrons chez lui et nous habiterons en lui » (Jean 14, 23).

Connaître le Père

La Prière du Nom de Jésus laisse se  lever dans notre intelligences et nos esprits la connaissance véritable de Dieu, car c’est par le Fils que l’on connaît le Père par le saint Esprit ; c’est par le Fils que l’on sait quelle est la volonté du Père ; c’est en priant le Fils qu’on reçoit du saint Esprit la grâce de faire la volonté du Père et de devenir ainsi de véritables théologiens, c’est-à-dire ceux qui font l’expérience du Christ. « Si on fait la volonté de Dieu, on connaîtra que la vérité est de Dieu. Autrement dit, c’est en vivant les vérités du Christ qu’on connait son caractère véridique et irremplaçable. La méthode est donc empirique, expérimentale, réelle », écrit saint Justin de Tchélié (Étude sur saint Isaac le Syrien, cité dans l’Homme et le Dieu-Homme, p. 25). Le critère de la Vérité est l’amour des ennemis, a dit saint Silouane : qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire que tu deviens théologien quand tu fais ce qu’a fait le Fils, le Théologien par excellence.