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Je suis orgueilleuse et je ne changerai jamais

Égocentrisme –

La maladie de votre âme est une maladie partagée par beaucoup d’hommes. On l’appelle amour de soi, vanité, vaine gloire ou orgueil. Elle consiste essentiellement à mettre le “moi” au centre de tout, et à défendre ce “moi” contre toute atteinte. « Moi-moi-moi’ est le nom de cette maladie de l’âme. Mais, vous n’êtes pas orgueilleuse: vous êtes vaniteuse et vous pouvez, et changer, et guérir, si toutefois vous vous rapprochez du Christ et de son message évangélique.

Vanité et orgueil

Il faut peut-être distinguer la vanité (vaine gloire) et l’orgueil. La vanité se nourrit des éloges que l’on se fait à soi-même ou que les autres nous font. Elle s’alimente par la flatterie. Il lui faut des admirateurs mais elle s’admire déjà elle-même. Elle ne supporte pas le dénigrement. Elle est probablement la forme psychique ou spirituelle que prend l’instinct de conservation.

L’orgueil est différent. Il est souverain. Rien ne l’atteint, ni les éloges, ni les critiques. Il est au-dessus de tout cela. Il est comme une divinité qui se passe d’adorateurs, une religion sans culte, tellement il est convaincu de sa supériorité. L’orgueil est une caricature de la Divinité puisque Celle-ci précisément est humble et que, sans en avoir pour autant besoin, Elle reçoit l’expression de l’amour de ceux qui l’aiment.

Les démons

La vanité et l’orgueil ne sont pas seulement des traits psychologiques. Ce sont des pathologies spirituelles, c’est-à-dire qu’elles sont de nature angélique comme les démons. Elles ne sont pas seulement le produit du psychisme, comme les tendances de l’âme: elles naissent à l’instigation des puissances incorporelles déchues, qui se manifestent par des pensées et des suggestions qui n’ont pas de forme.

La vanité comme l’orgueil est donc d’origine diabolique. Les Anciens disent que, non la vanité, mais l’orgueil a inspiré au diable de détruire l’œuvre de Dieu. Satan ne cherchait pas d’éloges: il voulut seulement être dieu à la place de Dieu. Il voulait un pouvoir.

Les remèdes

Les remèdes existent pour la vanité, qui est le cas qui vous concerne. Premièrement, reprenez patiemment une vie de prière, même réduite, mais régulière. Le plus sage serait de commencer par les prières que vous aimez, ou que vous avez aimées à un moment de votre vie. Nous ne pouvons vous en dire davantage: c’est vous qui savez quelles sont ces prières. Si vous voulez tout de même un conseil, nous vous suggérons la lecture de certains psaumes: 3, 37, 62, 87, 102 et 142, ainsi que le psaume 50.

Deuxièmement, pensez honnêtement aux erreurs que vous avez faites dans votre vie; considérez à quel endroit ou à quel moment vous vous êtes trompée. Pour vous aider, lisez le chapitre 5 de l’évangile selon saint Mathieu.

Troisièmement, acceptez avec sérénité les humiliations qui vous viennent tous les jours, de vos collègues de travail ou des membres de votre famille. Bénissez systématiquement les personnes qui vous humilient car elles sont au service de votre guérison; c’est grâce à elles, si vous acceptez de bon coeur (et avec humour!) le traitement qu’elles vous infligent, que vous acquerrez progressivement l’humilité et que vous vous rapprocherez de notre modèle qui est le Christ.

Quatrièmement enfin, trouvez à vous confesser bientôt: en effet, quand nous avouons nos fautes devant Dieu et devant le témoin qu’est pour nous le prêtre, nous nous humilions volontairement, nous franchissons la barrière de la honte, nous renonçons à conserver notre vie morbide, et nous nous ouvrons à la miséricorde divine, c’est-à-dire à la vie sans fin et bienheureuse. Nous nous approchons alors avec une grande joie du Corps très pur et du Sang très précieux du Christ notre Dieu.

Le problème de l’orgueil

Quant à l’orgueil, il est probablement sans remède, raison pour laquelle le Salut de Satan est problématique. Comme rien ne peut l’atteindre, l’orgueilleux ne peut pas être humilié, ce qui le sauverait. Il ne peut être que brisé. Mais Dieu, qui est miséricordieux, ne le veut pas. Il persiste à manifester son amour, dont l’orgueilleux ne veut pas, mais qui est pourtant le seul antidote à son mal.