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Dimanche de saint Jean Climaque

Synergie

La parole de ce jour, 4ème dimanche de Carême, montre que le Seigneur ne veut rien faire pour nous sans notre coopération. Déjà le simple fait de confesser notre manque de foi et de demander au Seigneur qu’Il accroisse le peu de foi que nous avons, nous met en situation de coopérer avec le bien qu’Il veut faire pour nous, pour nos proches et pour son monde entier.

Humilité

Ce qui nous permet d’œuvrer avec Dieu, c’est en fait l’humilité, comme le montrent les exemples rencontrés dans les textes évangéliques depuis le pré Carême et le début du Carême lui-même : la Cananéenne, le Publicain, le Fils prodigue, sont des personnes qui s’approchent de Dieu en toute petitesse, sans aucune prétention ; elles ne se prévalent de rien ; elles se font petites devant lui et lui laissent toute la place pour agir par son amour miséricordieux.

La Seigneurie

Avouer à Dieu qu’on ne croit pas en lui, ou que l’on croit très peu, n’est pas une insolence ou une bravade : c’est une façon de lui remettre tout pouvoir, de le reconnaître comme Seigneur. Et cet abandon à la souveraineté divine, loin d’être une abdication, est un acte de liberté ; il comporte la reconnaissance de la seigneurie divine, et il comporte une insistance. « Si Tu peux quelque chose, aide-nous ! », c’est comme de dire à Dieu : « si Tu existes, viens à notre secours, montre-Toi ! » En fait, un grand nombre d’entre nous et d’entre nos proches peut se retrouver dans ces paroles. L’être chrétien n’est pas triomphaliste. Quand nous reconnaissons que notre foi est petite, ce qui est important, c’est la vérité de notre confession, cette vérité que le Seigneur saisit pour œuvrer avec elle et avec nous.

La foi

Finalement, dans l’aveu de l’incroyance, même relative, il y a l’embryon de la foi – cette « aile de la prière », dit saint Jean Climaque (27, 69) – car cet aveu n’est pas fait devant le néant, ou devant les pierres et les arbres du chemin : il est fait à la Personne divine elle-même ! C’est un acte de foi au sein même de l’incroyance : « si Tu existes », disons-nous peut-être… Mais nous disons cela à quelqu’un, à celui-là même qui est et qui dit « Je suis » ! Or, ces petites pousses de foi, semblables aux jeunes rameaux qui commencent à verdir sur nos arbres au printemps maintenant commencé, sont le fondement de la victoire ; c’est par cette foi, même microscopique, que nous entreprenons de jeûner, de prier, et c’est par cette mini foi, mais foi tout de même, que les démons sont chassés.