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Présentation du Christ au Temple

La fête liturgique

Une coutume occidentale, compatible avec le rite byzantin, consisterait à bénir des cierges, à l’issue de matines, après le trisagion et le tropaire. Le Prêtre asperge l’espace liturgique et les fidèles ; ceux-ci prennent des cierges bénis, les allument, et toute l’assemblée part en procession à l’extérieur, autour de l’église, si possible, en chantant des strophes prises dans vêpres (litie) et matines. Puis, on entre solennellement dans l’église et on commence la divine liturgie. La théologie de ce rite est le mystère du temple : l’édifice cultuel (évangile de la Fête), et le temple non fait de mains humaines – l’être humain lui-même. Saint Paul écrit (2 Corinthiens 6, 16) : « nous sommes le temple du Dieu vivant, comme Dieu Lui-même l’a dit : Je demeurerai et Je marcherai parmi eux. Je serai leur Dieu et ils seront mon peuple (Ez. 37, 27 et Lev. 26, 12) ».

L’obéissance divine

« Celui qui jadis avait donné la Loi à Moïse sur le mont Sinaï se montre en ce jour comme un enfant nouveau-né, et l’Auteur de la Loi, pour accomplir sa propre loi, est amené dans le Temple », dit un verset de la litie. Tout le sens de la Fête est dans le thème de l’accomplissement des Écritures qu’opère Jésus Christ, vrai Dieu et vrai Homme. Le Seigneur obéit à la loi qu’Il a inspiré à Moïse : « Le premier-né de tes fils, tu me le donneras. Et tout enfant mâle sera circoncis le huitième jour. Et pendant trente-trois jours il n’entrera pas dans le sanctuaire du Dieu auprès du prêtre… après quoi sa mère offrira au Seigneur un agneau d’un an… et un jeune pigeon ou une tourterelle, qu’elle apportera au prêtre devant la porte de la tente du Témoignage » (lecture de l’Exode faite à vêpres). Ce sacrifice annonce également le sacrifice pascal dont le Christ sera à la fois l’offrande et l’Offrant.

L’unité de l’Alliance

L’unité organique de la tradition biblique et de l’Alliance elle-même est exprimée par le cantique du vieillard Siméon recevant dans ses bras le Seigneur Jésus : « Et maintenant, Seigneur, laisse ton serviteur selon ta parole s’en aller en paix ! Car mes yeux ont vu le Salut qui vient de toi, lumière qui doit se révéler aux nations et gloire de ton peuple Israël ! » Cette hymne est chantée dans chaque office de vêpres pendant toute l’année, dans l’office byzantin. Il y est exprimé l’essentiel du thème de l’accomplissement : le Christ Sauveur est l’aboutissement, à la fois des diverses traditions (celles des « nations », des non Juifs), et de son propre peuple. De celui-ci, Il est la « gloire », c’est-à-dire, non seulement l’aboutissement, mais la transfiguration. Le Christ est Celui qui magnifie le judaïsme. Par le saint Esprit, l’Église « illumine » les cultures païennes et fait resplendir tout l’héritage des justes et des prophètes bibliques. L’Esprit en effet a révélé à Siméon l’identité de l’enfant qui lui était présenté. Ainsi, nous célébrons en ce jour à la fois le Messie, Fils unique et Verbe de Dieu, et le saint Esprit qui glorifie l’aboutissement universel, l’Oméga de tout.