Imprimer cet article Imprimer cet article

Le monde angélique

Générosité divine

« Dieu, qui est illimité en richesse, ne crée pas avec parcimonie. La création est amenée à l’existence pour le révéler et pour participer à la richesse de son être, et elle est également solidaire dans cette participation. Comme telle, elle reflète dans une certaine mesure, d’une façon qui lui correspond, cette immense richesse, par ses dimensions et sa variété, et elle participe sous toutes ses formes à cette richesse. D’autre part la révélation de Dieu doit être faite à quelqu’un, c’est-à-dire à des êtres spirituels. C’est pourquoi la nature non-spirituelle n’est pas une révélation véritable de Dieu sauf par le fait qu’existent des êtres humains pour connaître Dieu à partir d’elle et par elle, et qu’ils se rendent compte comment cette nature, en le révélant, participe à Dieu par eux, et comment ils y participent eux-mêmes dans une mesure à la fois plus grande et plus conforme à lui. Mais la connaissance de Dieu par le monde visible auquel l’homme est lié, n’est pas la seule façon de le connaître. Il doit exister également un autre mode de révélation de Dieu et donc de le connaître et de participer à lui, c’est-à-dire un mode qui ne soit pas lié aux symboles visibles et qui convienne donc davantage à la spiritualité divine, un mode plus adéquat à son être. […]

Connaissance spirituelle de Dieu

Si Dieu n’avait créé que des esprits incorporés, nous penserions que l’être suprême ne peut être connu que par des formes sensibles. Cela signifierait qu’Il serait lui-même en quelque sorte un sujet sensible, et qu’à l’existence de l’absolu la matière est liée de façon ontologique. Et cela nous ferait douter de la création elle-même. Une matière qui viendrait de l’être absolu lui prendrait la capacité de création, donnant à celle-ci un caractère panthéiste.

L’existence d’esprits créés mais incorporels nous montre, ensuite, la possibilité d’une connaissance directe de la réalité spirituelle, la possibilité d’une communication directe d’esprit à esprit. De ceci découlent deux modes ou deux plans de révélation de Dieu : l’un directement spirituel et l’autre par les formes sensibles. Et, comme l’esprit se trouve à plusieurs échelons, il en découle une multiplicité de degrés de la création spirituelle. Mais, parce que Dieu est un, la création doit également être une unité, et elle doit pouvoir contenir selon un mode solidaire les esprits capables de connaissance, incorporés ou non. […]

La création du monde angélique

De fait, la Révélation divine nous parle d’un monde d’esprits incorporels qui se trouvent dans une solidarité avec les hommes et avec le monde sensible. En ce qui concerne le moment où fut créé le monde des esprits, la sainte Écriture ne comprend qu’un seul passage, dans le livre de Job, qui considère ce moment comme antérieur à la création du monde sensible et de l’homme. Dans ce passage, il est dit : « Quand furent créées les étoiles, tous mes anges me glorifièrent à haute voix » (Job 38, 7). Les Pères estiment que les anges ont été créés avant la création du monde sensible et de l’homme. Cette opinion est celle de la plupart d’entre eux. »

Le monde angélique. P. Dumitru Stàniloae, Théologie Dogmatique Orthodoxe, I.