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Le dimanche du Paralytique

 

Historicité –guerison-dun-paralytique

L’évangile de ce jour (Jean 5, 1-15) rapporte un évènement historique qui a eu lieu dans un quartier situé au nord-est de Jérusalem. De récentes fouilles ont permis de dégager les ruines de la piscine en question (T.O.B. note). C’était peut-être au moment de la Pâque, après que Jésus eût accompli son deuxième miracle à Cana, une fois revenu de Judée en Galilée. C’est un miracle tout à fait public, dans un endroit où se pressait la foule. Soulignons toujours le caractère concret des épisodes évangéliques, quand ce ne sont pas des paraboles.

Le baptême

Proclamée pendant le temps pascal, adressée aux néophytes, aux « illuminés » récemment initiés à Pâques (à la fin de la quarantaine, « 38 ans », dit le récit), cette parole se rapporte pédagogiquement au baptême. Mais la catéchèse soulignera que la parole du Christ équivaut à l’immersion dans l’eau bouillonnant par l’Esprit. Le baptême est baptême dans la puissance de la Parole (aussi le saint Évangile est-il placé à côté du baptistère). La catéchèse montrera également que l’initiation baptismale offre à la fois la guérison de l’âme, par la rémission des péchés, et celle du corps. Le lien du péché et de la souffrance corporelle n’est pas de caractère juridique ou pénal ; il n’est pas culpabilisant : il tient à l’unité organique du composé psychosomatique humain – les péchés de l’âme affectent, par leurs conséquences, tout l’organisme.

Le Christ et l’Église

Le récit est une théophanie. Jésus Christ se manifeste comme Celui qu’Il est : le Verbe qui, par sa parole, crée le monde et dont la même parole guérit l’infirme : « lève-toi ! ». On peut voir dans la piscine l’allégorie de l’Église, dont le Christ est la Tête. Bethesda, c’est la « maison de la miséricorde » (« beth » + « hésèd »). L’Église est, par la présence du Verbe incarné en elle, dans ses membres et à sa tête, le lieu par excellence où le Seigneur fait miséricorde. Les sacrements, à commencer par le baptême, sont les canaux – parole et action – par lesquels le Christ agit continuellement. Les nouveaux baptisés sont ceux à qui le Seigneur a fait miséricorde.

 Le Huitième jour

Si le Christ opère si souvent des guérisons le jour du Sabbat, ce n’est pas pour provoquer l’hostilité de certains Pharisiens ou scribes. C’est, d’abord, pour se manifester comme Seigneur et Maître du Sabbat. Mais le 7ème Jour est celui où le Créateur suspend son agir : pourquoi donc agit-Il ce jour-là ? L’interdiction d’agir s’adresse-t-elle à Dieu lui-même ? Ou encore : s’Il est vraiment Dieu, pourquoi agit-Il le jour de son Repos ? Pourquoi ne sanctifie-t-Il pas Lui-même son propre Sabbat ? – Peut-être est-ce parce que le Verbe incarné instaure, par sa présence, un jour nouveau, un jour qui n’a jamais existé : le 8ème Jour, le jour de sa gloire et de son règne. Il donne ainsi la vraie raison de son dépouillement du 7ème : Il s’est replié sur lui-même, Il est même entré dans la mort, Il s’est dépouillé de sa gloire pour entrer dans sa gloire et dans son règne. L’agir paradoxal du Verbe divin le jour du Sabbat annonce ainsi sa Résurrection : Il enracine le 8ème jour dans le 7ème ; Il accomplit l’attente de ce 7ème ; Il donne la réponse à la question : pourquoi le Sabbat ? – l’arrivée du Fils de David et de son Jour…