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Le carême de la Dormition

La Croix –La croix Louveciennes

Le 1er août, on fait mémoire de la sainte et vivifiante Croix, on bénit de l’eau, et on peut faire une procession avec la Croix, comme cela se faisait à Constantinople autrefois. Ceci ouvre une quarantaine que conclura la Vénération du 14 septembre. Mais, comme sur l’icône, la Mère de Dieu est au pied de cette croix. Il faut souligner sa présence dans la Pâque de son Fils et son Dieu. On fait également mémoire des sept frères Maccabées et du vieillard Eléazar, exécutés pour leur foi : un aspect fondamental de l’unité de la Bible est l’unité du martyre. Et Marie également est au rang des martyrs : comme la mère des sept fils, elle souffrit, sans défaillir, de voir son fils torturé devant elle.

La Transfiguration

Le 6 août, on glorifie le Christ transfiguré, but véritable de la Croix ; on interrompt un peu, en prenant du poisson (aliment du Ressuscité), le jeûne commencé, et l’on bénit des fruits et des graines de l’été à l’issue de la célébration. Nous suivons l’abstinence habituelle (vin, huile, produits animaux) ; nous (re) découvrons la saveur des céréales et des fruits de l’été pour en rendre grâce au Seigneur ; nous restons libres à l’égard des grandes sollicitations consuméristes de l’été ; nous nous émerveillons avec les Apôtres du bonheur d’être proche du Seigneur Jésus : « comme on est bien près de toi et avec toi » (cf. Matt. 17, 1-9) – toute simple définition de l’Église et de la vie en Christ. Cette fête, de l’avant-fête (5 août) à l’après-fête (13 août), occupe la plus grande partie de ce temps, qui est en quelque sorte le « carême de la Transfiguration »…

La Toute-sainte

La dimension majeure de ce temps est la prière à la Mère de Dieu et la préparation à sa grande fête, la Dormition (Koimèsis), ou Assomption (Analèpsis). Cet évènement est symétrique de la Résurrection et de l’Ascension (Analepsis, assomption, exaltation…) du Christ, et de la Transfiguration elle-même : et la sanctification de la Vierge et Mère de Dieu n’est-t-elle pas, elle aussi, une transfiguration ? Le carême « de la Mère de Dieu » est comblé par le mystère de son Fils et son Dieu, le Christ. La Vierge n’est pas vénérée pour elle-même : elle est magnifiée, exaltée, pour sa fécondité, sa relation maternelle avec le Dieu-Homme et sa communion avec lui. Et elle forme continuellement avec lui une symétrie, comme on le voit sur l’iconostase, jamais non plus à sa place, plutôt à sa droite (Déisis). Ce carême de l’été montre que son glorieux repos et son exaltation forment la Pâque de la Mère Dieu. Le tropaire chante « tu passes de la vie à la vie » parce que, par l’Incarnation, la Vierge est déjà totalement sanctifiée et vivifiée par le Maître de la vie et de la mort. Mais, passant elle-même par la mort, comme le chante son office, elle entre et « passe » dans la vie impérissable, par une véritable pâque et résurrection personnelles.

« Dormition »

Le jeûne du mois d’août scelle le statut nouveau de la mort : sommeil, dormition, repos – c’est le sens donné par le Christ, avant sa propre Pâque, au sujet de Lazare qu’Il va réveiller : « Lazare dort » (Jn 11, 1-45). La fête du 15 août et le carême qui la prépare sont ainsi dans la continuité et l’aboutissement du temps pascal, quoiqu’ils appartiennent à un autre cycle liturgique, celui des fêtes fixes.