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L’office de vêpres

Sa place –

Selon la vision biblique du temps, chaque nouvelle journée commence au soir de la précédente. La création est appelée du non être à l’être. Dieu dit : « que soit la lumière ! » Cet office exprime que chaque moment de l’existence dépend de la volonté créatrice de Dieu et en reçoit son immense valeur. Ce ne sont pas des facteurs mécaniques ou fortuits qui gouvernent l’existence des choses et des jours : c’est le vouloir divin qui fait être. Dans les ténèbres également resplendit la lumière : l’office de vêpres célèbre la victoire de la connaissance et de l’intelligence, la vie de l’esprit. Pour cette raison, on peut célébrer vêpres tous les soirs ! Mais les chrétiens le font généralement la veille des grandes fêtes et surtout du dimanche : l’office de vêpres conclut alors le grand repos ou shabbat divin. Après ce retrait, le Seigneur, le huitième jour, celui de la Résurrection, le dimanche, se lève !

Sa structure

L’office de vêpres comporte deux parties qui s’articulent pour exprimer l’union de l’Ancien et du Nouveau Testaments, c’est-à-dire l’unité organique de l’Alliance, Testament unique. C’est pourquoi, la première partie est composée par des lectures de psaumes et, selon l’importance de la fête, par des lectures tirées de la Loi, des prophètes ou des livres sapientiaux. Celles-ci sont indiquées dans les livres liturgiques : à la fin du psautier, on trouve les indications pour les psaumes de chaque jour ; dans le calendrier liturgique, ou dans le livre des Ménées (collection mensuelle), ou dans d’autres livres encore (Triode, Pentecostaire), on trouve les indications pour les lectures. Il est gratifiant de faire toutes ces lectures in extenso, si possible ; en tout cas, d’abréger le moins possible, afin de bénéficier de la pédagogie que comporte cette composition. La deuxième partie de l’office, à partir du chant Lumière joyeuse, qui désigne le Christ sauveur entrant dans son règne, développe les thèmes évangéliques qui éclairent le sens des lectures faites auparavant. Le cantique de Siméon glorifie l’accomplissement de toute tradition païenne ou juive dans la personne divine de Jésus Christ.

Les rites

L’office de vêpres, consacré principalement à la Parole, comme tous les offices bibliques et chrétiens, comporte des rites, c’est-à-dire des actions symboliques pleines de signification. Le plus parlant est l’allumage et l’offrande de la lumière. Ce rite est d’origine juive ; il est associé au Christ Lumière. C’est pourquoi on allume 8 lumières sur l’autel avant de chanter Lumière joyeuse. Cette hymne – reçue de l’Église primitive et chantée dans toutes les traditions liturgiques chrétiennes – suit une entrée solennelle, dans le cas des grandes fêtes. Le symbolisme de l’entrée est celui de la victoire du Christ sur les puissances de la mort. Un autre signe caractéristique de l’office est l’offrande de l’encens, elle aussi d’origine juive. Le parfum signifie l’offrande agréable à Dieu. Quelle est cette offrande ? Celle de Dieu lui-même, le Fils qui s’offre au Père « en sacrifice d’agréable odeur », c’est-à-dire par l’expression de tout son amour de fils. Et ce parfum signifie principalement l’Esprit saint qui exalte aux yeux du Père l’offrande que le Fils fait de lui-même, pour que l’amour divin soit magnifié, et pour que le monde jouisse du Salut.

La participation à vêpres comporte une précieuse gratification spirituelle. C’est pourquoi, généralement, les fidèles se rendent à l’église le samedi soir pour célébrer et préparer ainsi la célébration de la sainte liturgie le lendemain matin.