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L’office de matines

Définition

Cet office constitue un des plus beaux trésors dans les diverses familles liturgiques chrétiennes. Partout les baptisés ont eu l’habitude de présenter à Dieu des psalmodies et des prières à l’heure mystérieuse où la nuit s’oriente vers le jour nouveau. Les matines sont un office communautaire célébré avant le lever du jour, selon la force des uns et des autres, bien entendu… Elles marquent toujours un chemin de connaissance qui va des ténèbres vers la lumière de la révélation. Dans la pratique, elles sont accomplies, soit le soir, de façon anticipée, immédiatement à la suite de vêpres – ce qui constitue ce qu’on appelle la « vigile » – ou, mieux, le matin, éventuellement en préparation de la divine liturgie (célébration de l’eucharistie).

Composition

Ce service, comme la plupart des offices chrétiens, comporte deux parties : une partie proprement biblique (composée surtout de psaumes) et une partie dans laquelle le message du Christ vient éclairer ces psalmodies et ces lectures. L’articulation se fait autour du psaume 50, qui, dans les matines festives, suit la proclamation du saint Évangile. C’est le cas aux matines du dimanche : on lit à cet endroit un des évangiles de la Résurrection. Si, dans la première partie, les psalmodies sont encadrées par des prières écrites par des saints chrétiens, dans la deuxième partie, c’est l’inverse : un « canon » (composition poétique) de neuf « odes » (éléments poétiques de cette composition) est lu et chanté ; il est la composition d’un saint ou d’un Père de l’Église ; et lui sont insérés quelques textes ou versets bibliques, notamment les odes tirées de la sainte Écriture et qui varient chaque jour. La dernière partie de l’office de matines est consacrée aux « laudes », c’est-à-dire aux psaumes laudiques (148, 149 et 160), souvent entre coupés de versets patristiques : ils expriment la joie spirituelle. Et celle-ci culmine ensuite avec une très belle composition chrétienne, que l’on trouve dans toutes les traditions liturgiques, la Doxologie – « petite », si elle est lue ; « grande » si elle est chantée – le célèbre Gloria de l’office occidental. Les trois derniers et joyeux psaumes sont fixes, comme le sont les six premiers psaumes du tout début de l’office – l’hexapsalme (3, 37, 62, 87, 102 et 142) – plus intériorisés, voire empreints d’une certaine tristesse spirituelle.

Rites

De nombreux gestes symboliques ponctuent l’office de matines, surtout dans sa forme festive. Il s’agit de l’allumage de la lumière dans le sanctuaire et dans la nef (au tout début, pour la lecture de l’Évangile et pour la Doxologie finale) ; de l’ouverture des portes saintes ; de l’offrande de l’encens, parfum adressé à la présence, celle du Christ ou celle de la Mère de Dieu, notamment quand on chante l’hymne qu’elle composa : « mon âme magnifie le Seigneur ! ». Si l’on honore un saint particulier, ou un évènement spécial (Baptême du Christ, par exemple, et, le dimanche, la Résurrection toujours !), l’icône correspondante se trouve au milieu de la nef, entourée de lumière, et le mystère qu’elle désigne sera, au moment voulu, parfumé.

 

Cet office initie à l’accomplissement des saintes Écritures par l’incarnation du Fils de Dieu, et à la victoire de la vie sur la mort. En effet, le cœur de l’expérience chrétienne est le fait que, selon la parole de saint Paul, « la mort n’a plus d’emprise sur nous » (Ro. 6, 3-11).