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Comment les malades communient-ils ?

 

L’isolement –présentation du calice

Les malades, retenus à leur domicile ou à l’hôpital, souffrent d’être en marge de la communauté chrétienne, même si l’on prie pour eux à l’église. Ils peuvent, toutes proportions gardées, être comparés à des détenus. La privation de l’Eucharistie est le plus grand mal que l’être humain puisse connaître ; mais le sacrement de la communion est lié à la communauté, à l’Église, dont il est le sacrement. Les souffrants, les isolés, les prisonniers, les vieillards vivent une forme d’exclusion, s’ils ne rencontrent pas la consolation de frères accompagnant la communion eucharistique. Dieu Lui-même le dit : « J’étais malade et vous m’avez rendu visite » (Mat 25, 36). La visite des malades et leur participation à la sainte communion manifestent la présence du Christ par l’Esprit saint.

Qui apporte le Seigneur Jésus ?

Certains écrits apostoliques indiquent que les premiers chrétiens avaient à cœur de rendre visite aux baptisés isolés, notamment à ceux qui se préparaient au martyre. Ils exhortaient ceux-ci à ne pas faiblir. Ils leur apportaient les saints Dons. Les diacres en particulier étaient envoyés par l’Évêque auprès des détenus. Si l’Évêque bénit, tout baptisé est compétent, étant membre du sacerdoce royal, pour porter les saints Espèces aux malades. Actuellement, cette mission est dévolue au Prêtre. Ce n’est pas qu’il soit plus compétent que les autres confesseurs de la vraie foi. Mais son ministère est celui de la présidence et de la paternité. Un père rend visite à ses enfants éprouvés, dans toute la mesure du possible. De plus, seuls le Prêtre ou l’Évêque ont mandat de l’Église pour dire une prière d’absolution avant que le malade ne communie.

La communauté

Il est vraiment souhaité que le Prêtre, quand il se rend au chevet d’un malade, ou dans la cellule d’un prisonnier, soit accompagné par un ou plusieurs membres de la paroisse ou du monastère. La communion, en effet, est un évènement, non pas individuel, mais ecclésial. Des membres de l’Église rendent visite à d’autres membres ; un membre souffrant, les autres membres souffrent en compatissent. La présence auprès du prêtre d’un petit groupe de croyants, avec le Diacre, dans la chambre ou dans la cellule, atteste la présence de l’Église, du Corps du Christ, du Christ lui-même, par la grâce du saint Esprit. C’est un moment fraternel d’une grande douceur et d’une grande bonté, dit le prophète David (psaume 132, 1).

L’ordo

Il est simple, surtout si le malade est fatigable. Le Prêtre apporte une parcelle du Corps précieux du Christ consacrée dans la célébration du Jeudi saint et qui reste disponible toute l’année. Il ajoute à cette parcelle un tout petit peu de vin non consacré, que l’union à la parcelle consacrée consacrera – comme dans la divine liturgie des Dons présanctifiés, pendant le grand Carême. L’Évangile et la Croix, une icône, sont placés sur un petit autel de fortune, à côté du petit calice. Après les prières initiales, il est bon de lire l’évangile du jour, ou bien celui des Béatitudes, parce que c’est à la Parole que l’on communie. Suit la prière de l’absolution, et celles qui préparent la communion (« Je crois, Seigneur, et je confesse »). Après la communion, on chante, ou l’on dit, le cantique de Siméon : « Maintenant, Seigneur, laisse ton serviteur selon ta parole s’en aller en paix … » En effet, lorsque tu as communié, tu n’as plus peur de la mort, parce que tu viens de te nourrir du sacrement de la Résurrection et de l’immortalité en Dieu.