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Carême 2015

PâquesRésurrection

En 2015, la fête de Pâques sera célébrée par l’Église orthodoxe du monde entier, dimanche 12 avril. Dimanche 15 février, dimanche du Jugement dernier, est le dernier jour de viande : en s’abstenant totalement de viande jusqu’à Pâques, les chrétiens marquent leur éloignement de toute forme de violence (meurtre et guerre) et leur solidarité avec le mode de vie paradisiaque. Nous prenons du poisson – aliment offert par le Christ à ses disciples après la Résurrection – seulement le 25 mars, fête de l’Annonciation, le dimanche des Rameaux (selon l’usage de l’Église roumaine), cette année le 5 avril, et dans le cas d’un jour de fête exceptionnelle.

Préparation à la fête

Nous recevrons la bénédiction pour prendre de la viande – l’agneau pascal – au début de l’agape pascale, en mémoire de la sortie du peuple hébreu d’Égypte (la viande est bénie, dans la salle d’agape, et non dans l’église).

Dimanche 22 février, dimanche du Pardon, est le dernier jour des laitages : ces aliments – ainsi que les œufs -, signes caractéristiques de la fête et de la vie nouvelle dans le Royaume, nous seront offerts par le Seigneur dans l’Église, la nuit de la Résurrection et pendant tout le temps pascal. L’abstinence du temps de Carême appartient à la préparation de la Pâque.

Pendant le carême de Pâques, ou « Grand Carême », les chrétiens orthodoxes gardent donc la tradition ancestrale de ne consommer, sauf rare exception, aucune nourriture animale, comme au Paradis. En ce qui concerne l’huile et le vin, nous n’en prenons que le samedi et le dimanche, en signe de fête.

Abstinence et jeûne des pensées

Nos pères spirituels insistent, non seulement sur le sens théologique de ce régime alimentaire, mais également sur le fait que l’abstinence et le jeûne ne portent de fruit spirituel qu’accompagnés d’une prière liturgique et solitaire plus intense – avec la prière de saint Éphrem, par exemple -, de la lecture de la parole de Dieu, de l’effort ascétique pour purifier notre vie de tout péché, ainsi que de l’aumône. À la purification corporelle joignons donc la purification de l’âme et de l’esprit par le repentir – jeûne des pensées et des images (télévision, ordinateur, jeux vidéo) -, et rien n’empêchera la grâce du saint Esprit d’habiter en nous et d’y fleurir. Il est clair, par exemple, que la pratique du non jugement, ou le renoncement aux vaines paroles, sont des formes d’abstinence.

Quant au jeûne proprement dit (ne rien manger ni boire), certains y tendent en s’abstenant de toute nourriture jusqu’au soir, la semaine et surtout mercredi et vendredi. Un effort supplémentaire demanderait la bénédiction d’un père spirituel, par crainte de démesure ! Les chrétiens, de tout temps, ont jeûné pour suivre le Christ qui, ayant jeûné quarante jours et quarante nuits, montra la vanité du diable. Lui-même s’inscrivait dans la tradition léguée par le prophète Moïse. Du point de vue chrétien, on ne résout aucun problème personnel, communautaire, familial ou social sans le jeûne et la prière, accomplis avec foi dans le Seigneur Jésus.