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Troisième dimanche après la Croix et Protection de la Mère de Dieu : Luc 6, 31-36

 La fête de ce jour –

Providentiellement, en ce dimanche, nous célébrons la fête de la Protection de la Mère de Dieu. Plusieurs monastères et paroisses sont placés sous ce patronage, et nous adressons à ceux-ci nos vœux les plus chaleureux : que la Mère de Dieu continue à veiller sur ces communautés, celle de Bussy-en-Othe particulièrement, et sur le monde entier. Sachez que le monastère bénédictin de Valognes est également béni par la protection de notre Souveraine.

L’histoire

En réalité, le 1er octobre 909, c’était également un dimanche, pendant vêpres, dans l’église des Blachernes à Constantinople, saint André le Fou et son disciple Épiphane virent la Mère de Dieu, accompagnée des prophètes, des apôtres, des anges : elle couvrait de son manteau tous les chrétiens. Cette vision donna du courage au peuple alors que des envahisseurs attaquaient l’Empire. Vous savez que, dans la cathédrale de Chartres, on vénère une précieuse relique : précisément le voile de la Vierge ! L’acathiste que l’on chante à cet endroit a pour beau refrain : « Réjouis-toi, notre joie ! Protège-nous de tout mal par ton saint voile ! »

Celle qui montre le Chemin

La foi que les baptisés mettent dans le Seigneur est toujours soutenue par la Mère de Dieu. Non seulement elle nous protège tous de façon maternelle, mais, dans son icône, elle nous indique toujours de nous tourner vers son Fils et son Dieu. À Cana de Galilée, déjà, elle nous disait : « Faites tous ce qu’Il vous dira ! » La Vierge Mère de Dieu est celle qui, par excellence, conduit les hommes à mettre leur foi dans le Christ et à obéir à sa parole. Ce qu’elle dit fait écho à ce que dit le Père de son Fils et notre Dieu : « Écoutez-le ! » Le Père céleste et la Mère terrestre du Fils de Dieu et Fils de l’Homme sont unanimes pour diriger tous les espoirs de l’humanité vers le Christ Sauveur : le Père divin de Dieu et la Mère humaine de Dieu ont le même discours.

Le Christ protège l’humanité

La Vierge, comme le Père céleste, nous protège et nous garde, et nous sauve, parce qu’elle nous donne Jésus Christ. Son voile ou son manteau, que virent les saints et le peuple de Dieu, sont le voile et le manteau du Christ, le manteau de pourpre et le voile du suaire : le corps crucifié et ressuscité du Seigneur de Gloire, du Fils de la Vierge, a la forme d’un manteau que Marie tient au-dessus de tous les hommes, ceux qui croient et ceux qui ne croient pas, les justes et les criminels, les confesseurs de la vraie foi et les hérétiques. La Mère de Dieu est d’accord en tout avec le Père. Comme lui, elle « gratifie les ingrats et les méchants » ; elle est « compatissante » « comme notre Père est compatissant ».

La Compatissante

Aujourd’hui, le Fils rend témoignage de l’amour incompréhensible de son Père et, indirectement, Il atteste la compassion maternelle de Marie. Jésus Christ, qui, du haut de la Croix qu’Il choisissait par compassion pour le monde, a désigné la Vierge comme la mère de tout disciple authentique, se joint à elle en ce jour. Il nous montre que son père céleste et sa mère selon la chair sont unis dans l’amour compatissant. Il nous enseigne par ce consensus divino-humain que la béatitude appartient à ceux qui font l’expérience de l’amour inconditionnel et inconditionné dont Lui-même, avec le Père et l’Esprit, et avec la divine Mère, aime les hommes. Le Christ nous appelle à dépasser toute forme de salaire, de calcul et d’intérêt dans nos relations avec le Père et avec le prochain.

Le grand dépassement

Bien sûr, Il nous apprend à pardonner nous aussi comme nous demandons au Père de nous pardonner ; mais Il va Lui-même plus loin que ses propres paroles et nous enseigne à aimer nos ennemis et les ennemis de nos enfants et de notre peuple. Magnifique actualité de ce message et de cet exemple : en ces jours de violence et de terreur organisée, le Christ nous invite, par les prières et la protection de sa Mère très pure, à renoncer à toute peur, à toute vengeance, bien sûr, à toute revanche. Il est Celui, et Il l’a montré, qui rétribue par la miséricorde.

(Radio Notre-Dame « Lumière de l’Orthodoxie » – 1er octobre 17)