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Sixième dimanche après la Croix: Luc 8, 26-39

Le Maître de l’oblation –

Bien souvent, le Christ interdit à ses disciples de raconter les miracles qu’Il vient de faire. Et Il fait cela pour deux raisons : d’une part, Il apprend l’humilité à tous ceux qui en son Nom feront des miracles. Bien des saints, de grands charismatiques du désert ou de la ville, ont fui loin de tous pour ne pas recevoir la louange des hommes. D’autre part, le Christ Dieu se réserve la gestion de l’économie du Salut. C’est Lui le Maître, le Roi, le souverain Pontife, le Sacrificateur et l’Oblation librement offerte. Il gouverne tout le déroulement de sa Passion libre par une intelligence divine et une omniscience dont nous n’avons pas idée.

L’ordre de témoigner

Et aujourd’hui, au contraire, Il confie à l’homme libéré du pouvoir de l’esprit déchu le témoignage public des bienfaits divins : « Retourne chez toi et raconte tout ce que Dieu a fait pour toi ! » Ici l’on rejoint toute l’histoire du Salut, le grand Jourdain de l’expérience de Dieu telle que l’a faite le Peuple depuis l’origine. La Bible est-elle autre chose qu’une bibliothèque et une chronique des actions ou gestes divines dans le temps et dans l’espace universel ? La première action que fit le Seigneur en notre faveur fut la création du ciel et de la terre et de tous les êtres visibles et invisibles.

L’attestation de l’Église

Notre Symbole de la Foi rapporte tout ce que Dieu a fait « pour nous et pour notre Salut ». La communauté des baptisés ne cesse d’attester ces actions divines, notamment par la liturgie du Chrysostome. Par l’Évêque ou le Prêtre, nous disons : « Du non-être Tu nous as conduits à l’être ; Tu nous as relevés, nous qui étions tombés, et Tu n’as pas cessé d’agir jusqu’à ce que Tu nous aies élevés au ciel et nous aies fait don de ton Royaume à venir » ; et nous ajoutons : « pour tout cela, nous te rendons grâce, à toi et à ton Fils unique et à ton Esprit saint, pour tous les bienfaits connus ou ignorés… » Saint Basile développe davantage encore l’énumération des actions divines.

Notre vocation

À la suite de David ou de la Mère de Dieu qui, en son âme et son esprit, bénit le Seigneur, notre vocation est de témoigner de la paternité de Dieu. Nous aussi, à la maison, dans notre travail, chez nos voisins, « dans la ville entière », « magnifions le Seigneur » : disons tout ce qu’Il a fait pour nous, pour tous les hommes, et pour toute la création ! Témoigner, ce n’est pas chercher à imposer une doctrine ou une opinion individuelle : c’est rapporter des faits réels, objectifs, qui intéressent tout le monde. Beaucoup de nos contemporains se réjouissent de savoir que la voie chrétienne est, non pas une théorie, mais une expérience vérifiable. Nombreux, ceux qui voudront, eux aussi, connaître ce que nous connaissons !

(Radio Notre-Dame « Lumière de l’Orthodoxie »22 octobre)