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Résurrection de la fille de Jaïre : Luc 8, 41-56.

L’humilité de Dieu –fille de Jaïre

L’épisode historique rapporté en ce jour nous montre l’admirable comportement de Jésus Christ. Quelqu’un vient le supplier, sans avoir pris de rendez-vous, et Il va chez lui. Quelqu’un le touche et Lui, dans son hypersensibilité, le sent, malgré la foule ; Il sent, comme Il le dit Lui-même, qu’une force l’a quitté. À cette personne qui est déjà guérie, Il se contente d’attester que c’est par sa foi qu’elle a été guérie. Humble Jésus ! Humble Verbe incarné ! Humble Dieu Homme qui pouvait se prévaloir de ce miracle accompli à son insu pour demander à être glorifié suivant la gloire qui lui revient légitimement comme Seigneur et comme Dieu de tout !

Un homme admirable

Ensuite, quelqu’un vient, et Jésus comprend, sans qu’on ait la politesse de le lui dire, que ce n’est plus la peine qu’Il se déplace. Cette incorrection ne le touche pas. Tout simplement, Il affirme la vie : « Rassure-toi ! Crois… et elle sera sauvée. » Ensuite, dans sa simplicité humaine, Il accepte d’être moqué – « les gens riaient de lui… » – rien ne l’atteint, comme dit le psaume 90, parce que celui qui est humble ne peut être humilié. Or, le comportement de Jésus est remarquable, non seulement parce qu’il donne l’exemple d’un saint homme très modeste, très bon, très aimable, très paternel, très amical, très proche des gens, très patient ; mais parce que, au travers de cette humanité si agréable d’un homme qui est au service des autres, se manifeste simultanément sa divinité.

Dieu et Homme

Jésus n’est jamais simplement un homme, même s’Il est un homme parmi d’autres. Il est toujours simultanément Homme parfait et Dieu parfait et cela se voit à toutes sortes de signes. Les gens qui le supplient, tel le Jaïre de ce jour, ou qui cherchent à le toucher, comme cette femme, perçoivent chez lui un pouvoir qui n’est pas de ce monde. Les foules le sentent, qui le pressent à l’étouffer. Il y a dans l’humanité de Jésus comme une force d’attraction ; Il est un soleil mystique autour duquel tout gravite. De plus, son humanité irradie une puissance, cette fameuse énergie incréée que magnifient les Pères orthodoxes.

L’énergie divine

Le seul toucher du corps ou des vêtements de Jésus donne accès à cette énergie divine à condition seulement de le toucher avec foi. C’est ce que nous faisons tout le temps, du reste : avec foi, nous embrassons sa sainte icône, sa sainte et vivifiante croix, sa parole évangélique, et la grâce incréée passe en nous à la mesure de notre foi. La divinité de Jésus resplendit également par la douce autorité avec laquelle Il parle : Sois en paix ! Rassure-toi ! Ne pleurez pas ! Réveille-toi ! Donnez-lui à manger ! On sent que c’est Lui le Seigneur de tout, Il sait tout, Il conduit tout de la mort à la vie, simplement ; et Il tire « souverainement » par la main celle qui repose du sommeil de la mort. Nous glorifions en ce jour la belle icône évangélique du Dieu Homme !

(Radio Notre-Dame le 6 novembre 2016)