Imprimer cet article Imprimer cet article

Le dimanche de Thomas : Jean 20, 19-31.

Le huitième jour –

Aujourd’hui, dimanche dans l’octave de la Résurrection, se clôt la Semaine radieuse, ou Semaine des lumières, ou encore Semaine illuminée. Nous avons célébré Pâques tous les jours, en suivant l’ordre des huit tons liturgiques. Cette semaine était comme un seul et unique jour en huit flambeaux : le jour de Pâques est le jour Un et ce jour est le jour Huit – le dimanche est ainsi à la fois le premier et le huitième jour, le principe et la fin, l’alpha et l’oméga. Le huitième jour désigne le Dernier jour : de nouveau, comme le dit le Symbole de la foi, avec gloire, le Christ vient, juger les vivants et les morts. Il arrive et se tient parmi les apôtres remplis d’allégresse et les bénit : Paix à vous !

Vision eschatologique

Ainsi en sera-t-il au Jour ultime : le Fils de l’Homme se tiendra au milieu des hommes, Il les bénira et leur donnera sa paix pleine de gloire. Mais il y en aura pour ne pas croire quoique cette présence soit évidente : l’amour, la paix, la miséricorde seront évidentes. Le visage du Fils de l’Homme resplendira comme le soleil – amour tendre pour qui le reconnaîtra, amour insupportable pour les incroyants.

Le patron des incroyants

Thomas est le patron, le père, le protecteur et l’apôtre de ceux qui ne croient pas. L’incroyance, ou l’incrédulité, n’est pas toujours un péché, quand elle n’est pas le refus orgueilleux de s’incliner. Elle peut être vertu, honnête incroyance qui ne veut pas qu’on la paye de mots, doute légitime qui demande des garanties avant de s’engager sur une voie aussi périlleuse et risquée que celle de la foi. Ne parlons pas de ceux qui s’opposent, les ennemis acharnés de Dieu et de la foi. L’athéisme n’est pas toujours agressif et déicide. Thomas est l’apôtre de ceux qui ne demandent qu’à croire mais qui veulent des preuves : des athées de bonne foi, si l’on peut dire. Nous qui nous disons croyants, nous aurions quelquefois à nous montrer dignes de certains athées, esprits exigeant la vérité, la rigueur et l’intégrité. Croire en Dieu, ce n’est pas croire au Père Noël, tout de même ! Le doute de Thomas met en question le témoignage des myrophores et des apôtres, le témoignage apostolique, la Tradition.

Ne pas avoir peur des questions

Nous devons, comme Jésus, nous prêter à l’enquête et aux questions de ceux qui ne croient pas encore, ces sceptiques honnêtes, ces agnostiques au cœur pur, ces athées nos frères. N’ayons pas peur des questions inconfortables et des sujets qui gênent. Affrontons courageusement leurs investigations. Comme Thomas, ils veulent scruter le mystère du Ressuscité, ils avancent un doigt « fureteur », dit le kondakion, pour vérifier que le Christ présent, maintenant et au dernier Jour, est bien vrai, que c’est bien lui, qu’il n’y a pas supercherie. Tout le monde n’a pas la grâce de croire les apôtres et les saints sur parole : heureux celui dont c’est le cas !, dit Jésus.

L’émerveillement

Thomas est celui dont le nom signifie l’admiration et l’émerveillement. Quelle est sa joie quand il dit : « mon Seigneur et mon Dieu ! » Sa joyeuse stupéfaction est le bonheur promis aux incroyants – comme un don que le saint Esprit garde en réserve pour leur joie, en ce monde ou dans le monde qui vient, quand le Christ venu à nouveau, et avec gloire, se laissera palper par eux…

(Radio Notre-Dame, Lumière de l’Orthodoxie, dimanche 23 avril)