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Le dimanche avant l’exaltation de la Croix : Jean 3, 13-17..

Le calendrier liturgique –La croix Louveciennes

Ce dimanche est celui qui précède la glorieuse exaltation de la sainte et vivifiante Croix le 14 septembre. Les jours d’avant et d’après fête ont toute leur importance, comme préparation intérieure à la célébration ou comme assimilation de la fête qu’on a célébrée. Les fêtes ne sont pas, sauf exception, anticipées au dimanche précédent ou reportées au dimanche suivant, à la fois pour respecter l’organisation pédagogique du calendrier liturgique et pour que la gestation du mystère puisse se faire dans le cœur. L’évangile qui est lu aujourd’hui enseigne ainsi le sens de la vénération qui aura lieu dans quelques jours.

Pourquoi vénérer la Croix ?

Nous vénérons la Croix, non comme une idole en bois ou en métal précieux, mais comme le symbole ou l’emblème de la divine incarnation du Verbe. Nous embrassons la Croix parce que, par elle, le Fils de Dieu et de l’Homme est « descendu des cieux » dans les profondeurs atroces de la condition humaine, et que, par elle, « Il est monté aux cieux et siège à droite du Père ». C’est encore par elle que, de nouveau, avec gloire, Il vient… ». Échelle de gloire que contempla en songe le prophète Jacob, elle montre la hiérarchie angélique que, en descendant et en montant, traverse le chef de toute hiérarchie des anges et des hommes, le Roi d’Israël et du monde entier. Sur la Croix, le Fils de l’Homme est élevé, non seulement pour être glorifié, mais pour être contemplé avec foi : elle est ce sommet de tout espace créé, le point culminant de toute vérité divine et humaine, la montagne de la transfiguration du Dieu Homme, le phare qui éclaire toute culture et tout pouvoir en ce monde, la fierté de ceux qui mettent leur espoir en elle, l’emblème des baptisés, la palme des martyrs, l’antenne  du grand cadran solaire où le Soleil de justice offre au monde le temps transfiguré, l’heure de son humiliation et celle de sa gloire.

Emblème de l’amour divin

Si la Croix est signée sur nous par le baptême et par toute bénédiction de nos pasteurs, de nos parents et de nos amis ; si elle est présente dans nos maisons, à la tête de nos églises, en bonne place dans nos véhicules, et surtout attachée à notre cou comme le vêtement même de l’immortalité, c’est parce qu’elle est par excellence l’icône de l’amour divin. Par la Croix plus que par aucune parole, le Seigneur a dit et a montré qu’Il aime sa créature plus que lui-même, plus que sa propre gloire  et seigneurie. Il nous a par elle appris ce que veut dire aimer. La Croix est le signe absolu qu’Il nous préfère divinement à lui-même. Elle se traduit par « Dieu aime » ou « Dieu est avec nous » ou « Dieu sauve ». La Croix est un langage, comme le dit saint Paul.

Le langage de la Croix

Être chrétien c’est parler la langue de la Croix, une langue qui s’apprend dans le pays de Dieu c’est-à-dire l’Église. C’est dans cette terre sainte de l’Église du Christ que chacun vient pour apprendre à balbutier, à répéter et à savoir finalement parler le langage de la Croix, de l’abnégation, du dévouement, de la compassion, de la joie et de l’allégresse, et du gratifiant service d’autrui et de toutes les créatures. Par la Croix l’homme apprend, non seulement la langue de Dieu, mais le comportement de Dieu. La Croix est la Parole immolée, ce Pain suressentiel et quotidien, parcelle eucharistique en forme de croix. Apprenons à nos enfants et à nous-mêmes à « parler Dieu », à « parler Croix », « parler chrétien ».

Imiter Dieu

Apprenons également à imiter le comportement aimant et tendre de notre Seigneur, le Dieu véritable de tous les hommes. Prenons Dieu comme modèle de toutes nos actions. Demandons-nous, comme le conseille un saint contemporain, Alexis le Nouveau : que ferait Dieu ? que dirait le Christ ? que penserait-Il ? La Croix structure ainsi notre conscience ; elle l’illumine, elle l’enseigne, elle lui suggère de démontrer la vérité par des actes. Le Christ a attesté tout son enseignement par son témoignage actif, en payant de sa personne. Il a prouvé l’amour en aimant jusqu’au bout. Il a prouvé la résurrection en ressuscitant. Il a démontré l’amour du Père en se montrant le Fils le plus ressemblant, et en mettant la volonté du Père en pratique. Ses frères et ses sœurs sont ceux qui comme lui font la volonté du Père.

(radio Notre-Dame, dimanche 11 septembre 2016)