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Le dimanche après la Croix : Marc 8, 34-38 et 9, 1 – 20 septembre 2015

 

Christ Raised BorderEn ce dimanche qui suit son Exaltation, les chants et les lectures expriment le sens de la Croix : tout simplement, renoncer à soi par amour pour quelqu’un. Voici le salut de chaque âme. Elle n’a pas de prix ; le monde entier, dit Jésus, ne la vaut pas. Que vaut-elle donc ?

C’est simple : l’âme vaut Jésus. Jésus est le prix de chaque âme. Sur la Croix, sur sa croix, Il l’a achetée au tarif de lui-même. L’homme est vendu au péché et aux convoitises du monde – soucis, ambitions, confort, plaisir, position sociale, pouvoir, considération, argent… – rien de cela ne vaut notre âme. Nous avons négocié celle-ci à une valeur dérisoire. Nous l’avons échangée pour rien du tout. Nous nous sommes volés nous-mêmes à ce marché. Nous nous sommes escroqués de notre propre âme pour de la pacotille. Jésus est le prix de notre âme. Il est la contre-valeur du sceau de sa propre image en nous.

Comparons ce sceau à l’image elle-même, nous verrons que cette dernière en est le prix exact. Approchons la personne de Jésus Christ, ses paroles, sa vie évangélique, son visage, ses mains dans sa sainte icône ; prononçons son saint Nom ; goûtons son Corps précieux et son Sang très pur, une grande émotion nous saisit : nous recevons le prix de notre âme ! La valeur inestimable de mon âme est dans le trésor de Jésus Christ.

Une somme énorme a été déposée à mon ordre quand le Verbe s’est fait homme ; cette valeur hors de prix est devenue accessible lorsque ce même Fils unique de Dieu est monté librement sur la Croix pour régler le prix de chaque âme, donc de la mienne. Mon âme est hors de prix. Le Christ est hors de prix. Il a été bradé pour trente deniers, comme j’ai bradé mon âme pour les jouissances de ce monde.

Soyons de bons trésoriers, comme ces intendants que nous montre la Bible ; gérons notre capital en touchant tous les jours la contre-valeur de notre âme par l’obéissance aux commandements, par la prière, par tout ce qui est offert au Père d’un amour exclusif pour Jésus, pour faire ce qui lui plaît, pour ne nous laisser par rien séparer de lui. Bons gestionnaires de notre compte, laissons Jésus acquitter tous les jours le prix sans prix de l’âme humaine. Laissons-le nous acheter, payer le prix qu’il faut, comme, aujourd’hui encore, sur le marché aux esclaves. Ceux-ci coûtent cher et ceux qui en font le négoce s’enrichissent mais ne les libèrent pas ; l’esclave passe d’un maître à un autre. Or, quand Jésus achète chacun de nous au maître qui l’asservit, Il paye du prix de sa propre vie, non en possesseur despotique, mais pour l’affranchir.

Aussi nous invite-t-Il à n’avoir jamais honte de lui. Au contraire, soyons fiers, car nous valons tellement ! Notre âme vaut le vrai Dieu et vrai Homme ! Elle est payée en grâce du saint Esprit, le Trésor des biens, par le Christ. Plus nous vivons selon l’Esprit, plus nous jouissons de cette acquisition ineffable. Plus l’Esprit vit en nous, plus notre âme est libre d’aimer comme Jésus aime, plus elle court pour faire la volonté du Seigneur bien aimé, plus elle se sacrifie pour le Christ et pour le prochain. L’amour de Dieu et des frères, quand il s’épanouit en nous, atteste que notre âme a été payée le prix qu’elle vaut, et que Jésus vit en elle.

(Radio Notre-Dame 20.9.15)