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Le Banquet eschatologique: Luc 14, 16-24

 

Le temps de la joie –Hospitalité d'Abraham

L’évangile de ce jour constitue, en ce temps de carême de Noël, une invitation à nous préparer personnellement, familialement et paroissialement à célébrer avec joie la glorieuse Nativité de notre Seigneur Jésus Christ. La vie des baptisés est ponctuée, pendant toute l’année, de grandes ou de petite fêtes qui donnent au temps sa signification profonde. Le temps, créature de Dieu, est donné à la créature pour son bonheur et pour sa joie. Le temps est le temps de la joie. « Venez, exultons pour le Seigneur ; acclamons Dieu notre Sauveur ! Présentons-nous devant lui avec des actions de grâces, avec des psaumes acclamons-le ! Venez, adorons et prosternons-nous devant lui », chante la divine liturgie dans sa troisième antienne de semaine.

Le but de l’Incarnation

L’étroite correspondance entre le saint évangile et les prières est fondée sur l’annonce de la joie que Dieu veut faire partager à son peuple. Le Fils unique et Verbe de Dieu s’est fait chair et homme pour cela : pour que les hommes « aient sa joie en plénitude » (Jean 17, 13). L’Église, l’Israël de Dieu, est une culture de la joie divino humaine, de l’exultation, de l’allégresse angélique et humaine, bonheur auquel toutes les créatures sont appelées : les montagnes, les fleuves, les arbres, les oiseaux, les pierres elles-mêmes, sont faits pour être la joie de leur Seigneur et pour se réjouir de lui et en lui.

L’ingratitude

Le péché empêche la créature d’être heureuse. Dans l’évangile de ce jour, on le voit bien : prisonniers de leurs préoccupations égoïstes, les hommes se privent eux-mêmes du banquet. L’enfer est moins la sanction extérieure prononcée par un Juge, que l’extrême frustration que les hommes s’infligent à eux-mêmes par leurs passions. Il n’est pas mauvais d’acheter une terre, une paire de bœufs, une belle voiture ;  il est infiniment bon de se marier et de réjouir ses amis par la noce. Mais tous ces biens nous viennent de Dieu ; c’est dans l’action de grâces, dans la fête que Celui-ci nous prépare, que nous en jouirons le mieux. Loin du Donateur de la vie et de la joie, loin de Celui qui est le Sujet suprême de toute joie, celle-ci est une moindre joie. Or, une joie moindre tend à la tristesse. Le péché méprise la fête préparée par Dieu et lui fait la concurrence de son propre plaisir. Le péché est la préférence de quoi que ce soit à l’amour de Dieu et à la jouissance sans nom que l’on trouve à faire la fête avec son Père, son Seigneur et son Dieu.

La fête divine

La préparation à Noël, préparation à jouir des cadeaux de Dieu, et particulièrement du cadeau qu’Il fait de lui-même, est, comme toute la vie chrétienne, un apprentissage de la joie. Le Seigneur veut que notre joie soit parfaite. Notre cœur également a soif d’une joie sans limite. Le banquet préparé par  le Seigneur correspond aux aspirations les plus naturelles du cœur humain. Dieu nous invite à ce qu’Il a préparé dès le principe : Il voulut associer des personnes qui n’existaient pas, à la joie qui est la sienne, au banquet prééternel des Personnes divines, que montre en figures angéliques l’icône de l’Hospitalité d’Abraham. C’est son propre banquet divin et trinitaire que nous sert le Seigneur venu pour nous servir. « Tout est prêt » pour la réjouissance eucharistique ! Ne manquons pas le repas ; ne mangeons pas froid et tristement ! Nous nous apprêtons pour la  célébration et la communion en abandonnant, non par les biens, mais l’attachement aux biens ; en renonçant surtout à l’ingratitude qui nous fait oublier que tout bien vient du Père des lumières.

(radio Notre-Dame 13.12.15)