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La veuve de Naïn : Luc 7, 11-16

Une histoire vraie –résurrection du fils de la veuve de NaÏm

Ce que rapporte l’évangile de ce jour est une histoire vraie. L’Évangile est vrai, non seulement parce qu’il exprime la plénitude de la vie et de la vérité divines, mais parce qu’il raconte ce qui s’est vraiment passé, ce que Dieu a en vérité effectué pour son peuple et pour l’humanité entière. La réaction des témoins de l’évènement le montre bien : il s’est passé aujourd’hui à Naïn un évènement extraordinaire, un jeune homme que l’on portait en terre, c’est-à-dire mort depuis trois jours, a été réveillé d’entre les morts par une simple parole du Seigneur et Messie rencontrant la procession funéraire dans la rue : « un grand prophète s’est levé parmi nous ! Dieu a pris en considération son peuple ! » Oui : mais beaucoup plus qu’un prophète, et pas seulement son peuple : l’humanité entière.

L’Histoire

L’historicité du saint Évangile va encore plus loin que cette chronique. L’histoire du monde, l’Histoire, est marquée à jamais par le fait que le Fils de Dieu « s’est fait chair du saint Esprit et de Marie la Vierge et s’est fait homme ». Et, en se faisant homme, Il a rencontré l’homme dans les ruelles de ce monde, dont Il s’est fait le Citoyen, comme dit saint Basile. Il a rencontré ses concitoyens, l’humanité veuve et privée de tout soutien : dans l’Antiquité, une veuve est la plus malheureuse des femmes et si son fils unique n’est plus, elle n’a plus d’espoir même de manger à sa faim. La condition humaine est atroce, non seulement parce que beaucoup parmi les hommes souffrent la faim, la soif et le mépris, mais parce que nombreux sont ceux qui ne connaissent rien du Père céleste et qui sont si pauvres et si dénutris qu’ils n’ont même plus ni faim ni soif de lui.

L’humanité veuve

Or, à l’humanité qui a laissé mourir son époux par oubli, par négligence, par impiété, par ses péchés et ses fautes si nombreux, en le reléguant, comme un astre mort, dans un ciel lointain, le Fils annonce le Père. Aussi dit-Il à la veuve cette parole paradoxale : « Ne pleures pas ! » – facile à dire, semble-t-il ; parole presque insolente adressée à une femme si douloureuse. Pourtant, c’est vrai : Ne pleures pas ! Ton époux est vivant et ton fils vit ! À chacun d’entre nous, quand Il lui parle au cœur même de son chagrin et de sa déréliction, dans la surdité de son âme veuve, le Christ annonce qu’il a un père, le Père céleste ; à chacun de nous, quand Il nous dit « réveille-toi ! » – facile à dire à un mort ! – à chacun de nous, orphelin comme ce pauvre jeune homme, le Christ donne la grâce d’être fils du Très-haut par la foi et la grâce du saint Esprit.

Le don du Père

Le Fils de Dieu donne à l’humanité un père, son Père. Le Christ ne se contente pas d’agréger ses disciples à son école, Il ne se satisfait par de les enseigner ; il ne lui suffit même pas de les adopter de la part du Père. Non ! Il les affilie au Père en leur donnant le saint Esprit. Et le saint Esprit les configure au Fils par la foi. Bien plus : Il les conçoit du Père, comme le dit le prologue de l’évangile selon saint Jean. « Jeune homme, c’est Moi qui te le dis ! réveille-toi ! Car te voilà né d’en haut, né, non plus d’un vouloir de chair ou d’homme, mais de Dieu ! » La bonne nouvelle qu’apporte Jésus sur les routes de ce monde à l’humanité désolée et sans Dieu, c’est qu’elle a un époux en Dieu et qu’elle a un père en Dieu.

La fécondité par l’Esprit

Veuve stérile et sans enfants, l’humanité se voit promettre par le Fils d’être à nouveau fertilisée par l’Esprit du Père et de mettre au monde de nombreux fils. Au fils défunt Il rend la vie; à la mère Il rend la fécondité. Le Christ vient dans le monde, dans les villes et les villages de ce monde, porteur d’un espoir fou, d’une promesse insensée : les impasses, les impossibilités, les échecs définitifs, les insolubles morts, la pauvreté sans remède, la stérilité et le veuvage de tant d’âmes privées de la connaissance de Dieu, le Christ ose – avec quelle audace ! – les balayer de sa main divine, de cette main dont il touche le cercueil de nos faillites. Gloire à toi, Seigneur Jésus, gloire à toi !

(Radio Note-Dame 9 octobre 2016)