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Huitième dimanche après la Croix : Luc 16, 19-31 – Lazare et le mauvais riche

La venue du Christ –

Bientôt nous entrerons dans le Jeûne de la Nativité, Carême de saint Martin, de saint Philippe, ou encore, en Occident, temps de l’Avent, de la venue du Christ. Cette venue, continuelle par la grâce du très saint Esprit, est également située à la fin des temps ; et elle est une venue ponctuelle pour chacun d’entre nous. Quand la lumière se fait plus courte, les créatures, dans les zones les plus froides de la planète, s’engourdissent ou même s’endorment dans une sorte de mort provisoire : l’homme doué de maturité n’évite pas de penser à l’heure de sa propre mort. Il n’est pas morbide de penser à la mort. Les plus grands sages, dans toutes les cultures, ont médité sur leur propre fin et sur le terme de tout ce qui existe.

La mémoire de la mort

La pensée de la mort, appelée « souvenir de la mort » par nos ascètes et nos pères spirituels, stimule dans la conscience le sentiment le plus vif de la responsabilité personnelle à l’égard de soi et du prochain ; et elle aiguise le sentiment de la beauté de toutes les créatures que le Seigneur, dans sa générosité, a mises devant nous, dès le temps illustre du Paradis. Qui ose méditer sur la mort, non seulement est digne du nom d’homme, mais encore saura se tourner vers la Divinité, tout particulièrement vers notre grand Dieu et Sauveur Jésus Christ, qui « de nouveau, avec gloire, vient, juger les vivants et les morts », comme le confesse notre Symbole.

Le Jugement

Les vrais chrétiens, les saints, n’ont pas peur ; ils ne redoutent pas la mort : ils redoutent le jugement. L’évangile de ce jour décrit deux hommes jugés chacun selon ses œuvres. Nous aussi – moi aussi – je – nous – devons savoir que nous nous présenterons devant le Juge. Nous ne sommes pas des bébés. Nous sommes des adultes ; la foi chrétienne est une maturité devant le Créateur. Lazare le Pauvre est celui qui a conduit la vie si petite qui fut la sienne, avec patience, sans juger ceux qui le méprisaient et sans révolte, avec fidélité. Cette parabole est la seule où le Sauveur nomme un personnage : Il lui accorde une faveur particulière ; Il le désigne à notre attention.

Les pauvres dans l’Esprit

Lazare, « celui que Dieu a secouru », en hébreu, est le nom de l’Homme. Heureux les pauvres dans l’Esprit, est-il dit dans l’initiale des Béatitudes : bienheureux Lazare ! Pauvre est celui qui n’a que le Seigneur et qui trouve son secours en lui seul. Le Seigneur discerne en lui l’absolu d’une âme qui se remet totalement à son Seigneur ; une âme pleinement libre, et que les tribulations de la vie ne peuvent affecter – l’absolu de l’Homme. À l’inverse, les tourments de l’enfer sanctionnent l’état où se trouve l’être humain au moment de la mort. Les passions dans lesquelles la mort l’aura surpris le feront souffrir, comme le mauvais riche brûle seulement de l’égoïsme dans lequel il vivait et dans lequel il est mort. Il est incapable de se réjouir pour Lazare et pour les justes, ce qui le sauverait aussitôt. L’enfer de nos passions nous fait souffrir dans cette vie et dans l’autre ; mais qui est trouvé, à la venue du Seigneur, en état de pauvreté charismatique, gagne le Paradis.

(Radio Notre-Dame, « Lumière de l’Orthodoxie », 5 novembre 2017)