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Évangiles du 2ème dimanche de Carême: Marc 2, 1-12 ; Jean 10, 9-16 (Grégoire Palamas)

Saint Grégoire –

En ce deuxième dimanche de Carême, nous faisons mémoire de la guérison du paralytique de Capharnaüm et de saint Grégoire de Thessalonique. Ce grand théologien mystique et hiérarque de l’Église des saints Pères a consacré le meilleur de lui-même à rappeler l’expérience et la doctrine traditionnelles de la grâce divine, appelée encore grâce ou énergie incréée. La vraie foi sait que la grâce est divine et que, pour cette raison, elle est déifiante ou divinisante, ou encore sanctifiante. Le Carême est le temps qui nous est donné par le Seigneur pour nous renouveler dans la foi et dans l’expérience fondamentale des disciples et membres du Christ.

Expérience de la grâce

La pédagogie liturgique oriente l’attention de notre cœur vers l’expérience de la grâce. Quelle expérience ai-je, avons-nous, de la grâce ? Nous savons que la grâce est énergie ; qu’elle est communiquée par le saint Esprit à ceux qui mettent leur foi dans le Fils ; nous savons qu’elle a, comme tout bien, sa source dans le Père ; nous savons que, par elle, notamment sous sa forme baptismale, le Christ est présent personnellement en nous, et que le saint Esprit y demeure. Toute notre expérience et notre connaissance de la vérité et de la vie se concentrent dans l’expérience de la grâce incréée et créatrice.

Connaissance de Dieu

Nous connaissons véritablement le Seigneur par expérience. Nous le connaissons par sa « gloire », autre nom de la grâce qui irradie de lui. Mais cette grâce, lumière incréée qui illumine l’esprit et le cœur de celui qui prie avec foi le Seigneur et Sauveur Jésus Christ, gagne l’homme tout entier. Elle n’inonde pas seulement et lave le corps et l’âme : elle est une huile qui agit en les pénétrant. Le temps du Carême est le temps d’une expérience plus consciente de la grâce, ou de son absence ! Le péché est ce qui, pour une pensée, une parole ou un acte, nous rend insensibles à la grâce divine ; le péché nous anesthésie. La confession et le rejet de nos péchés pendant le Carême nous permet de retrouver la perception de la grâce. Car la grâce incréée est perceptible !

Transfiguration des sens

Siméon le Théologien a enseigné que l’homme peut avoir, dès cette vie, l’expérience sensible de la grâce du saint Esprit, de la grâce du Christ. Éphrem le Syrien, dont nous disons tous les jours la belle prière, dit que la vie chrétienne n’est autre que l’actualisation de la grâce baptismale. La grâce est incréée, divine, et pourtant, paradoxalement sensible. Comment cela se fait-il ? Saint Grégoire dit que la grâce transfigure les sens de l’homme pour les rendre capables de la percevoir. Dieu ainsi agit en nous pour nous rendre sensibles à lui-même ; l’Inconnaissable, non seulement transfigure, mais déifie notre esprit, notre âme et notre corps, notre cœur, surtout, et nous rend aptes à le connaître ! Tous les sacrements de l’Église du Christ sont le lieu de cette expérience divino humaine.

Le sens du Carême

Le sachant, nous nous y préparons : tendons nos forces intérieures à la rencontre de cette action divine ; rompons avec nos péchés, nos passions, nos habitudes mortifères, afin de recevoir de l’Esprit saint la métamorphose de notre être pour acquérir la vision de la Face divine. Surtout dans l’expérience eucharistique, faisons cette expérience : « goûtez et voyez combien le Seigneur est bon ! » – il s’agit bien de la divinisation de nos sens par la grâce afin de connaître le Sauveur !

(Radio Notre-Dame, Lumière de l’Orthodoxie, 4 mars 2018)