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Évangile du dimanche 14 janvier : Luc 17, 12-19 (les dix lépreux).

La purification –

Le saint Évangile,  en ce jour, atteste que la venue du Fils unique engendré et Verbe de Dieu dans son monde, dans sa création, a un effet purificateur. Quand Il se fit homme par l’énergie féconde de l’Esprit et le consentement de la Vierge, Il purifia simultanément en celle-ci toute la nature humaine du péché ancestral et de ses conséquences : la souffrance et la mort. Il purifia toute sa lignée, comme le montrent les deux généalogies évangéliques. En s’immergeant volontairement dans les eaux du Jourdain, Il purifia la Création entière, le cours entier du temps qu’Il remonta jusqu’à l’heure sainte du Paradis, jusqu’à l’Éden où Adam, s’étant assis, versait des larmes de désespoir.

Laver le grand Fleuve

Il purifia toute la Tradition humaine, dont le Fleuve est l’image, les déviations et les impuretés de son peuple et de tous les peuples. Le saint Précurseur, en le voyant venir être baptisé, criait : « voici l’Agneau de Dieu ! Il vient assumer le péché du monde ! » Il pouvait crier également : « voici le Fils unique engendré ! Il vient purifier tous les péchés et toute souillure de ce monde déchu ». Puis, sous la motion de l’Esprit qui repose de façon atemporelle sur lui, le Verbe pénétra dans le désert et dans son feu, et Il les purifia comme Il avait, des démons et de toute inspiration maligne, purifié le grand fleuve. Il purifia la Ville, par sa seule traversée, ainsi que son Temple par sa venue. Il purifia la Galilée, la Judée, la Samarie, toute la sainte géographie du Salut.

Laver la vie et la mort

Il purifiait la vie, le quotidien de ses frères juifs comme des Samaritains ; Il purifia la Cananéenne. Il purifia la douleur et la souffrance en choisissant la Croix ; Il purifia la mort, en y pénétrant pour s’y immerger ; et Il purifia les enfers, royaume des morts de tous les temps et de tous les lieux ; Il purifia les hiérarchies célestes en les traversant pour remonter auprès du Père qu’Il n’avait pas quitté. Il envoya enfin, pour couronner son œuvre purificatrice, l’Esprit en personne, l’Esprit hypostatique, pour purifier les hommes de l’ignorance de Dieu et instaurer son royaume qui n’est pas de ce monde. Aussi, aujourd’hui, le lépreux samaritain, purifié de tout mal, revient sur ses pas, glorifie Dieu à haute voix, se jette à ses pieds, face contre terre, et le remercie. L’œuvre purificatrice du Seigneur se manifeste également en nous quand sa parole pénètre dans notre esprit et dans notre cœur et y opère un baptême intime : le Sauveur s’immerge ainsi en nous pour nous laver de l’intérieur.

L’immersion eucharistique

Il s’immerge surtout en nous par son Corps très pur et son Sang précieux. Par sa chair déifiée, non seulement Il nous purifie, mais encore Il nous sanctifie et nous déifie ; Il nous rend semblables à lui-même. Nous voyons bien que ce bon Samaritain, ci-devant lépreux, n’a pas été seulement purifié. Il a été sanctifié et déifié par la grâce du saint Esprit. La preuve ? – mais : tout son comportement ! « Nous sommes de la race de Dieu ! » (Actes 17, 29). Quel est le signe de la déification ? Mais : la glorification ! La reconnaissance ! Car seuls des dieux peuvent reconnaître Dieu : il faut être rendu consubstantiel à Dieu pour le voir et le connaître. Par l’Esprit qui, non seulement purifie, mais sanctifie, l’homme reçoit le charisme de la connaissance du Fils de Dieu et, par Lui, la connaissance parfaite de la vérité : la connaissance du Père céleste.

Amour déifiant

La santé, la guérison, la vie elle-même, à plus forte raison le confort et la richesse et tous les biens de ce monde – et Dieu sait s’ils sont réels et nombreux ! – n’ont pas d’intérêt par eux-mêmes. Tous nous sont accordés comme sacrement de la présence du Seigneur parmi nous ; nous les recevons pour les offrir à notre tour à celui qui nous les donne, lui présenter l’action de grâce qui lui revient ; pour éprouver dans notre conscience l’illumination de la connaissance de lui, et ressentir l’extraordinaire similitude à lui, nous sentir ses fils et ses frères, dieux par participation à sa divinité. Le Fils de l’homme vient ainsi dans son monde pour y manifester l’amour purificateur et déifiant qui est celui du Père.

(Radio Notre-Dame, “Lumière de l’Orthodoxie”, 14 janvier 2018)