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Évangile du 7ème dimanche après la Pentecôte : Matt 9, 27-35

Ouvrir les yeux –

En ce jour d’après fête de la Transfiguration, il n’est pas étonnant que le saint Évangile nous parle d’ouvrir nos yeux ou plutôt de croire que le Seigneur Jésus Christ peut, par la puissance du saint Esprit, nous les ouvrir. Plus loin, le même récit nous donne l’espoir que nous pouvons, par le même Esprit qui agit dans le Fils de Dieu, passer du mutisme à la parole. Nous croyons que « Jésus est en chemin », non seulement dans les environs de Capharnaüm et du lac de Tibériade, mais dans notre propre monde. Par la grâce du saint Esprit, le Fils de Dieu fait homme est parmi nous, non seulement parmi nous les croyants, mais au milieu de la société humaine de notre temps, harcelée par toutes sortes d’inquiétudes et de contraintes.

Présence du Fils dans le monde

Oui, Jésus est présent dans son monde. Et c’est bien cette présence que nous ne voyons pas, ou que nous ne voyons pas toujours ; c’est cette présence au sujet de laquelle nous restons muets au lieu de la confesser prophétiquement. Resituons l’évangile de ce jour dans notre époque et comprenons que celle-ci a grand besoin de voyants-Dieu et de confesseurs de la présence divine. La cécité et le mutisme des baptisés font souffrir notre temps plus que les épidémies, les oppressions, les divisions et les inégalités entre les pauvres et les riches. Bien souvent, nous sommes aveuglés par les idoles de notre temps, séduits par des idéologies, impressionnés outre mesure par les messages de terreur qui circulent sur les réseaux sociaux. Quoique baptisés et doués de tous les charismes de l’Esprit,  nous continuons à vivre et à nous comporter comme si la vue et la parole ne nous avaient jamais été données.

Les charismes du saint baptême

L’engagement dans la prière et dans la lecture de la Parole en ce temps béni du jeûne de la Dormition a principalement pour enjeu la mobilisation de nos dons. Nous sommes appelés à entrer en possession des charismes qui sont en nous, de la grâce baptismale qui nous habite, et à manifester, par la vision et la parole, que nous sommes, corps et âme, le temple de l’Esprit. Écoutons le saint Évangile comme une parole actuelle, contemporaine ; écoutons le message qui est porté jusqu’à nous. Croyons que nous pouvons être voyants, que nous avons la capacité de discerner le vrai du faux, et surtout la présence ineffable du Seigneur de ce monde. Par la grâce du saint Esprit, les saints apôtres, qui n’étaient ni meilleurs ni plus instruits que nous, ont vu le Christ tel qu’Il est. Ils ont reconnu en lui l’accomplissement de la Loi et des Prophètes. Nous aussi, nous jouissons de cette vision, notamment dans la sainte Liturgie.

Ce qu’on fait dans le monde

Mais le Christ a précisément renvoyé ses apôtres depuis le Thabor dans le monde pour y contempler sa présence et la proclamer avec joie, avec humilité et avec science. Les voyants-Dieu parlent, et ils disent ce qu’ils voient, celui qu’ils voient. N’abdiquons pas ce pouvoir donné par le Seigneur à ceux qui croient en lui. Ouvrons tous les jours les yeux pour discerner la présence du Verbe fait homme dans l’actualité. Voilà ce qui sera utile aujourd’hui : le charisme d’interpréter l’Histoire et d’y contempler le Seigneur qui est venu, qui est présent et qui vient. En effet, l’évangile de ce jour, comme celui de la Transfiguration avant-hier, a une dimension eschatologique : les temps s’accomplissent ; le monde et l’Histoire touchent à leur fin et le Seigneur vient avec gloire juger les vivants et les morts et régner sans fin !

(a.p. M.-A.) – 08/08/2021