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Évangile du 7ème dimanche de Pâques : Jean 17, 1-13.

La glorification du Fils –

L’évangile que nous venons d’écouter s’interprète par sa place dans la pédagogie liturgique. Jeudi dernier nous avons célébré la glorieuse Ascension ou Exaltation du Sauveur. Le Fils de Dieu et Fils de l’Homme est entré dans sa gloire comme le dit le psaume 92 au début de la divine Liturgie : « Le Seigneur règne ! Il s’est revêtu de beauté : le Seigneur s’est revêtu de puissance… ton trône est préparé depuis l’origine, depuis l’origine Tu es… à ta maison convient la sainteté, Seigneur, pour la longueur des jours ! » Le Fils est glorifié par le saint Esprit et, simultanément, Il envoie ce même Esprit depuis le Père, vers les croyants, comme joie parfaite.

Ouverture à la plénitude

La glorification du Fils est un retrait, un effacement, une forme de shabbat. Comme il l’a dit, Il se retire, sa mission étant accomplie, et laisse la place au deuxième Paraclet, l’Esprit consolateur, qui fait fructifier toute l’œuvre du Fils. « Je ne suis plus dans le monde », dit le Sauveur. Mais cette absence ne crée pas un vide : elle ouvre au contraire à la plénitude. Le Seigneur Jésus n’abandonne pas ses disciples : comme Il le dit Lui-même, Il « prie pour eux ». Il a regagné son trône « préparé depuis l’origine », et ce siège à droite du Père, à la place d’honneur et de responsabilité suprême, est le lieu mystique d’où Il intercède pour les siens, les membres de son corps, cette Église qui s’est formée sous sa tête par la foi.

La Tête de l’Eglise

Même installé à la place royale qui est la sienne de façon intemporelle, Il demeure la tête de son Église, organe actuel par le saint Esprit de son action dans le monde. Aussi le Fils peut-Il dire à ses disciples : « Je suis avec vous jusqu’à la fin du siècle » (Matt 28, 20). Le paradoxe de l’absence et de la présence, du vide et de la plénitude, du départ et de la venue est déjà vécu par les Myrrophores et les Apôtres venus au tombeau. Nous comprenons que nous ne sommes par orphelins. Le Christ n’a pas trahis ceux qui mettaient leur confiance en lui. Il ne les a déçus ni par sa mort en Croix, ni par le vide de sa tombe, ni par son départ vers le Père. Au contraire : la Croix sanglante fut le don suprême de son amour ; le tombeau déserté fut le signe même qu’Il ne s’était pas désincarné ; et, en s’élevant vers le Père, « Il éleva les mains et les bénit ». En s’effaçant, Il se donne ; en partant, « Il vient avec gloire » ; en mourant, Il entre et nous fait entrer avec lui dans la Vie sublime.

La liberté des croyants

Notre condition de disciples est inscrite dans cette situation. Nous ne sommes pas délaissés : nous sommes libres. L’Ascension du Sauveur est la grande libération des croyants. N’importe quelle idéologie, et ne parlons pas de mouvements sectaires, asservit. Jésus Christ n’est, ni un idéologue, ni un fondateur de secte, ni le créateur d’une super institution religieuse. Il est le grand Libérateur : Il donne tout, sa vie, sa science, sa sagesse, son amour, sa joie, sa communion avec le Père, le trésor de l’Esprit et, quand Il a tout légué à ceux qui croient en lui, Il leur donne la liberté d’œuvrer par la puissance de son Nom.

(a.p. M.-A. Radio Notre-Dame, « Lumière de l’Orthodoxie », 13.6.21)