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Évangile du 6ème dimanche après la Pentecôte : Matthieu 9, 1-8.

Faire du bien au monde –

Aujourd’hui nous entrons dans le jeûne de la Mère de Dieu avec enthousiasme. Ce petit carême d’une dizaine de jours nous est offert comme un temps d’intercession pour le monde entier et plus particulièrement pour la société civile de nos pays respectifs. Notre dignité et notre gloire de chrétiens sont d’assumer la responsabilité d’une telle prière. Nous aimerions faire du bien au monde, plutôt que de craindre pour nous-mêmes, de vivre dans la peur ou de nous laisser attirer par les sirènes des partis politiques, des idéologies, des conflits, de l’accusation et du soupçon généralisé.

Responsabilité sacerdotale

Prier pour le monde correspond à la responsabilité sacerdotale de l’homme et surtout des baptisés. Cela ne veut pas dire tout accepter ou être aveugles devant l’inquiétante réalité présente et avenir. Nous savons que nous sommes mortels, que notre civilisation est mortelle, que la Création, non seulement n’est pas éternelle, mais souffre également de tout ce que le péché des hommes lui fait subir. Les chrétiens ne sont pas plus bêtes ou naïfs que les autres hommes ; seulement, ils vivent à un autre registre, celui qui les place sous la tête du Christ leur Seigneur et Maître. Que dit Celui-ci ? Il dit : Je suis venu, non pas juger le monde, mais le sauver. La conscience ecclésiale porte cette pensée du Christ. Nous serions bien tentés de juger le monde, la société civile, notre pays, ceux qui nous gouvernent, et de faire le procès d’un monde qui ne va pas comme nous le voudrions ou l’espérerions.

Sauver plutôt que de juger

Mais le Christ nous propose de nous préoccuper plutôt du Salut. Nous mettre à l’école du Christ et de ses saints en répondant à l’appel du jeûne et de la conversion, dont la Mère de Dieu est la guide par excellence, correspond à la pensée du Salut. Les chrétiens se laissent souvent prendre par d’autres préoccupations : la santé, le confort, le niveau de vie, le pouvoir d’achat… Pourtant leur mission est autre : travailler au Salut, penser à son propre Salut, à celui des autres, y compris de nos ennemis, et penser au Salut du monde. Le souci des saints est que le monde ne soit pas abandonné à lui-même et à sa folie, et qu’il soit au contraire guidé vers une lumière qui dépasse la figure de l’Histoire. Tout ce qui, dans ce monde, est bon, intelligent, beau, et profondément humain, peut être sensible au message évangélique.

Porter le message divin

Il y a une prédisposition chez nos contemporains à être touchés par la sagesse de Dieu manifestée en Jésus Christ, le Fils de Dieu. Encore est-il besoin que ce message soit porté par ses messagers. Le carême de la Mère de Dieu, comme toutes les périodes de jeûne, nous fait progresser dans notre compétence à assumer les promesses divines. Plus l’homme se purifie et se sanctifie dans l’Esprit saint, plus il est utile au monde, parce qu’il devient un indicateur du sublime projet de Salut. Penser à notre propre mort, à la mort des autres, à la mort du monde est bien utile. Mais il est plus utile encore de savoir et de faire savoir que le pouvoir de la mort est vaincu et que celle-ci est une porte que l’on peut ouvrir vers un extrême accomplissement. Tout ce qui est bon et beau dans ce monde et dans notre propre existence est promis à un achèvement, à une transfiguration dont la fête du 6 août est le grand signal. Et l’évangile de ce jour nous fortifie dans cette espérance de Salut : que dit le Seigneur à notre temps, à notre monde ? – « Aie confiance, mon enfant, tes péchés te sont remis ! » ; « lève-toi et marche ! » Ces paroles sont pour notre temps, comment ne pas le sentir ? Et ce message est confié à ceux et celles qui entreprennent de le porter pour les autres. Les saints partagent le banquet du message divin à ceux qui les entourent. C’est pourquoi l’on jeûne : pour se nourrir de ce que le maître du banquet nous distribue par ses saints et en nourrir les autres.

Les signaux d’espérance

La Croix elle-même, portée en procession en ce début du mois et du jeûne, est l’étendard de la victoire que le Seigneur apporte à notre époque tentée par le désespoir, brûlante de frustration et déboussolée. La Mère de Dieu, l’homme transfiguré en Christ et la sainte et vivifiante Croix affichent pour tous les hommes un magnifique programme d’espérance. (

(a.p. M .-A.) – 01/08/21