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Évangile du 19ème dimanche après la Croix : Luc 19, 1-10.

Le Seigneur vient dans son monde –

Depuis le jour de la Nativité, nous glorifions la venue du Verbe dans le monde et sa présence parmi nous : « Le Christ est né pour nous : venez, adorons-le ! ». En vérité, Il est présent corporellement dans son monde depuis sa conception le 25 mars, jour de l’Annonciation, Lui, l’Immaculé conçu ! Mais sa présence corporelle se manifeste à partir de Bethléem, puis quand  Il arpente tout le pays de la Terre sainte. Extraordinaire, cette sanctification de la terre d’Abraham, d’Isaac et de Jacob sous les pieds déifiés du Dieu Homme ! Aujourd’hui, Il « entre dans Jéricho ». Il est entré dans le sein d’une vierge précise ; et Il  entre dans des lieux précis : Bethléem, Capharnaüm, Béthanie, Cana, Jéricho, cette ville qui fut conquise par la foi du peuple de Dieu.

La connaissance corporelle

Le Verbe « traverse » son monde, Il en prend connaissance physiquement, jusqu’à en être fatigué comme Il le fut en arrivant au puits de Jacob pour rencontrer la Samaritaine. Dans son humanité réelle, le Créateur veut connaître la fatigue, la chaleur et la soif ; mais à Jéricho, Il veut connaître l’hospitalité de son peuple : aujourd’hui, Je loge chez toi, dit-il au juste Zachée. Le Seigneur s’invite chez lui ; Il vient chez lui, dit le prologue de l’Évangile selon saint Jean ; Il est chez lui chez nous. Il n’est pas seulement Celui à la rencontre duquel vont ceux qui sont atteints par la lèpre du péché ; Il n’est pas seulement une divine Lumière qui attire les hommes depuis leurs ténèbres ; Il n’est pas seulement Celui qui arrive au Jourdain pour y être immergé.

L’hospitalité divine

Il est Celui qui s’invite dans la vie personnelle, domestique et familiale de chacun. Certes, Zachée l’attendait de loin, juché sur son sycomore, mais il n’aurait pas osé l’inviter en raison de son indignité de publicain enrichi. La miséricorde divine est souvent dans l’initiative divine que n’arrête pas notre impureté, et qui prévient notre désir. L’évangile de ce jour anticipe la sainte période du grand Carême en son sens le plus optimiste : l’hospitalité divine ! Dieu se fait notre hôte et fait de nous ses hôtes !

Préparation au Carême

Voici une belle figure du repentir : accueillir le Seigneur chez nous, reconnaître nos fautes, les réparer, être reconnu par le Seigneur comme membre de son peuple et recevoir de lui la bénédiction et le Salut !  Accusé par les voisins d’être « un pécheur », Zachée reconnaît que c’est vrai : « Oui ! », dit-il. Tout nous accuse devant Dieu, il suffit de tendre l’oreille intérieure de notre cœur et d’écouter ce que dit à notre conscience le saint Esprit. Le repentir commence par une honnête reconnaissance de ce que nous révèle le Consolateur ; et cette reconnaissance, synonyme de « confession », se fait, non devant les hommes, mais devant le Christ en personne. Confessons, avouons, reconnaissons les péchés que nous révèle notre voix intérieur, ou des voix extérieures bien inspirées ! Mais, faisons cela devant le Christ. Dans le sacrement lui-même de la confession, si naturel en un temps où le Seigneur en personne s’invite, nous sommes tournés vers sa présence invisible que signifient la Croix, le saint Évangile et l’Icône.

Confesser ses péchés au Christ

Et, dans le secret de notre cœur ou de notre chambre, disons nos péchés au Seigneur ; confessons-nous directement à lui, et nous irons ensuite à l’église « nous montrer au prêtre », comme Jésus Christ le disait dimanche dernier. Énumérons les péchés qui sont révélés à notre cœur sincère, et nous ressentirons, dans le sacrement ou chez nous, que notre maison, c’est-à-dire notre cœur et toute notre vie, a reçu le Salut ; nous sentirons que nous sommes « fils d’Abraham », membre de sa lignée accomplie dans l’Église des baptisés ; nous saurons par expérience que « le Fils de l’homme est venu sauver celui et ce qui était perdu » ; nous connaîtrons le but miséricordieux de la venue du Verbe créateur dans sa création.

(Radio Notre-Dame, « Lumière de l’Orthodoxie », dimanche 26 janvier)