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Évangile 2e dimanche de Pentecôte: Matthieu 4, 18-23.

Le mystère de l’Église –

En ce deuxième dimanche après la Pentecôte, nous commençons à voir se déployer tout le mystère de l’Église : elle est une et unique parce que l’unique Seigneur Jésus est sa Tête et que l’unique Esprit du Père la vivifie et l’éclaire. Elle est sainte parce que l’Esprit saint l’habite et sanctifie ses membres. Elle est catholique parce qu’elle contient la plénitude de la vérité et de la vie de la sainte Trinité, l’« unité selon le tout », la totalité de ce que le Christ transmet par l’Esprit saint et la plénitude de sa présence invisible par ce même Esprit. Et elle est apostolique parce que, par le saint Esprit, de simples pêcheurs sont devenus, en suivant le Christ Jésus, l’Envoyé du Père, des pêcheurs d’hommes.

L’œuvre de l’Esprit

Tout le chapitre de notre Symbole de foi consacré à l’Église découle de la Pentecôte. En effet, après la glorieuse Descente du Paraclet en la plénitude de ses dons, les apôtres, qui avaient déjà répondu au Verbe par ce même Esprit, sont devenus audacieux, inspirés, puissants, prophétiques, martyrs c’est-à-dire témoins, et saints par ressemblance au seul Saint. Le Christ a appelé les apôtres, l’Esprit les a couronnés de ferveur et d’audace. Après la Passion, tous avaient peur et s’enfermaient par crainte des persécutions. Après la Pentecôte, tous sont devenus courageux comme des lions, fougueux comme des taureaux, contemplatifs comme des aigles et pleinement dignes du nom d’homme. Apôtre veut dire envoyé. Le Verbe est le premier apôtre car Il obéit au Père qui l’envoya parmi les hommes par la puissance de l’Esprit. De même les apôtres du Christ ont reçu de l’Esprit la puissance, la fécondité et l’enthousiasme évangélique.

Les fruits de l’Évangile

Sans la venue de l’Esprit invoqué sur eux par le Fils, ils n’auraient probablement rien fait des paroles de celui-ci. L’évangile, le saint Évangile serait resté lettre morte – il est affreux d’y penser et même de le dire ! L’évangile, la bonne Nouvelle de l’amour de Dieu pour tous les hommes et du Salut possible pour tous, n’aurait porté aucun fruit, mis aux oubliettes par quelques misérables disciples timorés. L’Esprit fait les apôtres, les saints et les martyrs qui portent justement la parole du Fils – la parole de la Parole ! Sans l’Esprit, la parole ne fructifie pas, elle s’envole aussitôt prononcée et, même divine, elle ne s’implante pas dans le cœur des hommes et dans la chair de l’Histoire. Aujourd’hui nous rendons hommage à l’apostolicité de l’Église, au charisme apostolique et missionnaire de celle-ci.

La vocation des nations

Simultanément, chaque peuple rend hommage aux saints de sa nation. Nous comprenons que chaque peuple honore ainsi l’œuvre de l’Esprit de Pentecôte dans sa propre culture, dans la matière même de son expérience historique. C’est l’Esprit qui sème la semence du Verbe dans les cultures, à commencer, en Marie, par la culture juive. Le Verbe n’est pas demeuré, comme une huile flottant à la surface de l’eau, à la superficie des cultures et de l’histoire concrète de chaque nation. Non : Il s’est incorporé dans la culture juive ; Il s’est fait Juif parmi les Juifs ; sa divinité s’est, par le saint Esprit, inscrite dans la culture biblique. Or, ce qu’Il a fait pour le Peuple par excellence de Dieu, Il l’a fait, à partir de la Pentecôte, pour chaque peuple. Le Messie juif est devenu, par le saint Esprit, le Roi des nations.

La présence des saints locaux

C’est pourquoi, en ce jour, chaque peuple est appelé à glorifier les fruits portés par l’Incarnation dans sa propre histoire, la germination évangélique dans sa propre culture par l’Esprit.  Chaque nation a son ange, selon certains Pères. Or chaque nation assume avec son style propre les conséquences de l’Incarnation du Verbe et de la Descente du Paraclet. Chaque nation, chaque peuple, trouve son identité dans le Christ et son inspiration créatrice dans l’Esprit. Le Verbe en se faisant homme s’est fait la Tête et le Sujet de l’humanité et l’Esprit a modulé ce mystère à la pointure de chaque nation. Faire mémoire des saints de chez soi est, pour chaque peuple, assumer sa conscience historique et sa vocation nationale. Les saints forgent la conscience des peuples.

(a.p. M.-A. Radio Notre-Dame, « Lumière de l’Orthodoxie », 4.7.21)

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