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Dimanche du Paralytique : Jean 5, 1-15

ParalytiqueVoir pour croire –

En écoutant l’évangile de ce jour, pensons aux paroles du dimanche de Thomas : « parce que tu as vu, tu as cru ; heureux ceux qui, sans voir, croient ! » Comme le dit le proverbe : « il faut le voir pour le croire ! ». Or, effectivement, la guérison du paralytique devrait aider à croire. Or, quantité de personnes ont vu ce miracle : quelles sont celles qui ont cru ? Le Seigneur s’afflige : « À moins de voir des miracles, vous ne croirez donc point ? » (Jean 4, 48). Même en voyant des miracles, vous ne croyez pas ! D’innombrables miracles ont été accomplis par Dieu, directement ou par l’intermédiaire de ses prophètes et de ses saints. Le plus grand miracle qu’Il ait accompli – se relever lui-même d’entre les morts – n’a pas eu de témoin.

Croire sans voir

On a constaté qu’Il était vivant, mais on ne l’a pas vu sortir du tombeau ; qui a vu les anges rouler la pierre si lourde ? Un grand miracle s’accomplit dans la divine liturgie : « ceci est mon corps ; ceci est mon sang », dit le Dieu Homme. De grands miracles s’accomplissent dans le secret du cœur quand un homme se repent de ses fautes et reconnaît la miséricorde de son Maître. Le grand miracle est finalement de croire en Dieu.

Les miraculés

Tous, nous qui croyons à la création du monde, à l’incarnation du Verbe, à la triple virginité de la Mère de Dieu, à la Résurrection, à l’Exaltation à la droite du Père du Fils porteur de l’humanité ; nous qui croyons à l’absolution des péchés, à la présence du Christ dans l’Église par le saint Esprit ; nous qui savons que le Christ vient de nouveau avec gloire ; nous qui glorifions l’ineffable jaillissement de l’Esprit depuis l’unique source paternelle, qui glorifions le Dieu unique en trois personnes ; nous qui croyons que le Seigneur est un Père pour tous, et qu’Il aime tous les hommes, les pécheurs comme les justes – nous qui nous approprions la foi de l’Église des Apôtres et des Pères : nous sommes des miraculés ! Aucun miracle ne nous a peut-être touchés ; aucun argument ne nous a peut-être convaincus ; nous avons peut-être vu tout ce qu’on peut voir de Dieu en cette vie, peut-être entendu tout ce qu’on peut entendre à son sujet. Rien de tout cela n’explique la foi.

L’absolu de la foi

L’univers de la connaissance de Dieu est le royaume de la gratuité. En Dieu et dans son Royaume, il n’est pas de cause. Le monde de Dieu n’est pas causal. Notre foi en Dieu est un inexplicable surgissement de confiance et d’amour pour lui : Heureux qui croit sans avoir vu ! Mais oui : la foi est un absolu ! Rien ni personne ne me fera croire en Dieu – et pourtant la Création est un miracle et les innombrables guérisons, les magnifiques et divins sacrements de l’Église, la parole évangélique elle-même, sont des miracles. La foi est une réponse libre à l’appel qui nous arrache au non être et nous fait être. Le Seigneur veut que nous soyons, que nous existions : mais tant que nous voulons pas ce qu’Il veut, le miracle de l’existence elle-même ne s’accomplit pas. « Veux-tu avoir la santé ? » – extraordinaire question posée par Dieu à sa créature. Il faut donc le vouloir pour croire…

(Radio Notre-Dame 22 mai 2016)