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Dimanche des Rameaux : Jean 12, 1-18.

Entrée à Jérusalem RameauxLa grande Semaine –

Nous avons célébré hier le réveil de Lazare. Aujourd’hui, s’ouvre pour nous la Semaine sainte, la grande semaine, celle qui forme le noyau de l’année liturgique. En elle se joue tout le mystère du Salut. Nous allons la suivre presque en temps réel. Il s’agit pour les baptisés que nous sommes de suivre pas à pas ceux qui, depuis des siècles, ont témoigné de la foi avant nous et ont été agréables au Seigneur par toute leur vie.

Le temps transfiguré

Le temps chronologique est transfiguré en temps sacramentel, en temps de la présence du Seigneur Jésus dans l’histoire humaine, présence réelle par la grâce du saint Esprit. L’histoire du monde est habitée par le Créateur qui transfigure le temps et l’espace par sa royauté humble et aimante. Oui, « le Seigneur règne » (ps. 92 et tout le cathisme 13), car la mémoire universelle est marquée à jamais par le drame de sa Passion. La figure du Christ mort et ressuscité imprègne la culture du monde entier. La parole du Verbe, son Évangile, est une référence pour tous les peuples.

Royauté du Christ

En ce sens Il est bien le « roi des nations » (Apoc. 15, 3). Mais la royauté du Seigneur entrant à Jérusalem aujourd’hui est libre de toute domination. Le Christ règne par la vérité de sa parole de vie. Nul n’est obligé de se soumettre à ce roi. Mais les hommes libres sont invités à adhérer à ce royaume ouvert à tous les peuples à commencer par le peuple juif, qui s’est porté vers Jésus « en grand nombre ». Or, en notre civilisation matérialiste et technologique, la royauté du saint Évangile peut paraître dérisoire : quelle est sa puissance dans le monde contemporain ? Qui ose s’y référer, parmi les princes qui nous gouvernent ? L’Évangile est bafoué comme le Christ est bafoué au sanhédrin et sur la Croix. Pourtant, les maîtres de ce monde ont beau l’ignorer ou le mépriser, Il – le Christ et sa parole évangélique – est indestructible. Personne ne peut détrôner ce qui est vrai, juste, bon et sage. Notre roi est un roi indétrônable parce qu’Il est sans faille, sans erreur et sans péché.

Judas et nous

Haï, ou trahi, ou livré à ceux qui le bafouent, Il triomphe comme amour éternel, Il règne à jamais par l’immensité de son amour, y compris pour tous les judas du monde. Peut-être sommes-nous de ceux-ci, quand nous préférons le matérialisme au Royaume qui n’est pas de ce monde et dont le Christ est le roi. Nous ne sommes pas toujours meilleurs que Judas. Mais le Christ est également le roi de ceux qui le livrent et, pour cela, nous ne désespérons ni du salut de Judas ni du nôtre.

(Radio Notre-Dame 24 avril 2016)